La Fédération sénégalaise de football dénonce un jugement "disproportionné"

Les supporters sénégalais à Dakar le 20 janvier.
Les supporters sénégalais à Dakar le 20 janvier.GUY PETERSON/AFP

La Fédération sénégalaise de football (FSF) a dénoncé ce vendredi dans un message à l'AFP un jugement d'une "sévérité incompréhensible" et "disproportionné" après la condamnation la veille par la justice marocaine de 18 supporters sénégalais, détenus au Maroc depuis la finale de la CAN mi-janvier, à des peines de trois mois à un an de prison.

Les prévenus étaient poursuivis devant le tribunal de Rabat pour "hooliganisme", accusation incluant des actes de violence notamment contre les forces de l'ordre, dégradation d'équipements sportifs, invasion de la pelouse et jets de projectiles, lors de la finale émaillée d'incidents remportée par le Sénégal.

Neuf d'entre eux ont été condamnés à un an de prison assorti d'une amende de 5 000 dirhams (environ 460 euros), six autres à six mois et 2 000 dirhams d'amende (180 euros) et les trois derniers à trois mois et à une amende de 1 000 dirhams (90 euros).

"Nous exprimons notre profonde consternation et notre désarroi après le verdict rendu contre les 18 supporters sénégalais. Cette décision, d'une sévérité incompréhensible, suscite une vive indignation", a dit le président de la commission communication de la FSF, Bacary Cissé, sollicité par l'AFP.

"Ce que nous considérons comme une forme d'injustice flagrante à l'encontre de nos compatriotes interpelle. Des échauffourées surviennent dans de nombreux stades à travers le monde, y compris chaque week-end au Maroc, sans pour autant entraîner de telles sanctions. Le traitement réservé à ces supporters paraît dès lors disproportionné", a ajouté M. Cissé.

"C'est incompréhensible", avait réagi jeudi auprès de l'AFP Me Patrick Kabou, l'avocat sénégalais des prévenus inscrit au barreau du Gers en France, dénonçant le fait que ses clients servent de "boucs émissaires".

Un Français, jugé aux côtés des Sénégalais pour avoir jeté une bouteille d'eau, s'est vu infliger une peine de trois mois de prison et 1 000 dirhams d'amende.

Le 18 janvier, lors de la finale de la CAN à Rabat, le Sénégal s'était imposé 1-0 au terme d'un match chaotique. À la suite d'un penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel de la deuxième mi-temps, juste après un but refusé au Sénégal, des supporters sénégalais avaient tenté d'envahir le terrain et lancé des projectiles vers la pelouse.