Il aura fallu 120 minutes de lutte et une séance de tirs au but irrespirable pour départager le Maroc et le Nigeria. Poussés par un stade en fusion, les Lions de l’Atlas ont dominé sans parvenir à conclure avant de valider leur billet pour la finale de la CAN. Dès les premières secondes, les Marocains affichent leurs intentions. Déterminés, agressifs à la récupération, ils forcent une mauvaise relance nigériane et Saibari se crée une première situation. Sa frappe est contrée puis captée par Nwabali (2e), mais le message est clair : le Maroc est venu imposer son tempo.
Le Nigeria tente alors de calmer le jeu. Les Super Eagles font circuler le ballon, cherchent à étirer le bloc adverse et à trouver des espaces. Mais la première véritable initiative reste marocaine. Trouvé côté droit, Brahim Díaz repique sur son pied gauche et enroule sa frappe. Le ballon passe de peu à côté du but de Nwabali (8e).
Le match s’installe dans un duel intense, engagé. Les deux équipes se rendent coup pour coup, chacune cherchant à être tranchante en transition. Lookman répond à Brahim avec une frappe lointaine, ras de terre, plein axe, du pied droit à une vingtaine de mètres. Bono se couche rapidement et capte sans trembler (13e).
Sérieux et appliqués, les Marocains maintiennent une pression constante et imposent beaucoup d’intensité. Sur un centre, El Aynaoui est trouvé de la tête, mais sa tentative s’envole au-dessus (20e). Quelques minutes plus tard, El-Kaabi manque sa reprise en pivot sur une remise de la tête d’Aguerd (27e), avant que Brahim ne manque à son tour le cadre de la tête (28e).
Le Maroc se rapproche. Hakimi tente sa chance sur coup franc, mais le ballon frôle le poteau gauche extérieur (34e). Toujours aussi actif, Saibari élimine son vis-à-vis d’un crochet dans la surface, se crée une fenêtre de tir et frappe du gauche. Nwabali se montre encore vigilant (39e). Malgré la domination marocaine et la pression constante, le Nigeria résiste. Solides et disciplinés, les Super Eagles ne plient pas. À la pause, le score reste nul et vierge (0-0), au terme d’une première période intense mais indécise.
Au retour des vestiaires, le Nigeria se montre le premier dangereux. Onyeka tente sa chance de loin après une opportunité créée par les Super Eagles, mais sa frappe fuit le cadre (50e). Dans la foulée, le Maroc se projette rapidement : lancé en contre, Ezzalzouli est trouvé dans la surface et déclenche une frappe du pied droit, repoussée des poings par Nwabali (51e).
Comme en première période, les Marocains prennent progressivement la maîtrise du jeu et multiplient les incursions. Le Nigéria, lui, est méconnaissable par rapport au football proposé depuis de le début de la compétition. Maîtrisé, peu intense, battu dans les duels, peut-être que le fait de jouer le Maroc à Rabat joue dans les têtes. Sur coup franc, Ezzalzouli trouve Aguerd au premier poteau, mais le portier nigérian se montre vigilant (59e).
Le Nigeria n’abdique pas pour autant. Les Super Eagles parviennent à s’approcher de la surface adverse, mais manquent de justesse dans les derniers mètres : contrôles approximatifs, passes mal ajustées ou frappes mal maîtrisées. Défensivement, aucun bloc ne cède, chacun restant parfaitement en place sur le plan tactique.
Hakimi, lui, réclame une main dans la surface sur une frappe lointaine, mais l’arbitre ne bronche pas (79e). Faute d’ouverture, le Maroc est contraint de s’en remettre aux tirs de loin. Ezzalzouli s’essaie à son tour avec une frappe enroulée du pied droit, repoussée hors cadre par Nwabali (81e). Solides et disciplinées défensivement jusqu’au bout, les deux sélections se neutralisent. Aucune ne parvient à faire la différence dans le temps réglementaire : direction les prolongations.
Il reste trente minutes à disputer, et le scénario ne change pas. Le Maroc continue de se procurer les meilleures situations. Sur un corner frappé par Hakimi, Aguerd s’élève plus haut que tout le monde et place une tête qui trouve l’extérieur du poteau de Nwabali (93e). Dans la continuité, Igamane tente sa chance de loin, sans réussite (95e).
Les Lions de l’Atlas accentuent leur pression et installent une longue séquence de possession dans le camp nigérian. Toujours aussi entreprenant, l’attaquant du LOSC s’essaie de nouveau, cette fois de volée, mais sa tentative manque de puissance et ne surprend pas le portier adverse (99e).
Lorsque le Nigeria parvient à s’approcher des cages marocaines, la défense se replie instantanément et avec une rigueur exemplaire. Il devient extrêmement difficile de se créer la moindre occasion franche tant le bloc marocain est solide. Mais de l’autre côté, la résistance est tout aussi farouche. Si le Maroc met davantage d’intensité et se montre plus souvent en position de frappe, la défense nigériane tient bon et se bat sur chaque ballon.
Aucune des deux sélections ne parvient à faire la différence au terme des prolongations. C'est donc logiquement que ce duel tendu et indécis se prolonge jusqu’à la séance de tirs au but. Et là, le Maroc peut compter sur ses hommes : malgré un échec d’Igamane, El Aynaoui, Ben Seghir, Hakimi, En-Nesyri et Yassine Bounou - sur sa ligne - ne tremblent pas et offrent aux Lions de l’Atlas leur place en finale de la Coupe d’Afrique des Nations. De son côté, le Nigeria, méconnaissable dans le jeu, paie cash ses imprécisions lors de la séance. Les tirs au but manqués par Chukueze et Onyemaechi scellent définitivement leur sort. Les Marocains disputeront leur deuxième finale de leur histoire chez eux et viseront également un deuxième titre, tout comme le Sénégal.
