Exclu' - Kaiserslautern, un nouveau souffle pour Paul Joly : "Je suis très épanoui"

Exclu' - Kaiserslautern, un nouveau souffle pour Paul Joly : "Je suis très épanoui"
Exclu' - Kaiserslautern, un nouveau souffle pour Paul Joly : "Je suis très épanoui"Baptiste Pierrat

Arrivé en Allemagne fin août, Paul Joly découvre la Bundesliga 2 et s’épanouit pleinement à Kaiserslautern. Dans cette interview accordée à Flashscore France, le latéral droit revient sur son adaptation, l’intensité du championnat allemand, l’ambiance incroyable des stades et ses ambitions pour la suite.

Flashscore France : Vous êtes en Allemagne depuis la fin du mois d’août. Comment décririez-vous vos premiers mois à Kaiserslautern ?

Paul Joly : Franchement, je suis très épanoui. C’est une nouvelle aventure pour moi, la première fois que je quitte la France. Il y avait forcément un peu d’appréhension au départ, mais l’adaptation s’est très bien passée. Mes coéquipiers, le staff et la direction m’ont très bien accueilli. Aujourd’hui, je suis vraiment très heureux ici.

FF : C’est aussi votre première expérience à l’étranger. Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans ce nouvel environnement, sur et en dehors du terrain ?

PJ : Sur le terrain, le jeu est complètement différent de la France. Il y a énormément d’intensité. Les stades sont pleins chaque week-end en Bundesliga 2, et c’est assez incroyable. À Kaiserslautern, c’est une ville qui vit vraiment pour le football. Jouer devant près de 50 000 personnes à domicile, c’est exceptionnel. En dehors du terrain, le fait d’être proche de la France aide beaucoup. La principale difficulté reste la langue. J’ai rapidement pris des cours d’anglais, puis depuis deux ou trois mois, des cours d’allemand pour progresser. La langue est vraiment compliqué, mais avec le temps je commence à comprendre. J’espère pouvoir bien m’exprimer d’ici quelques mois.

FF : Vous évoquiez des appréhensions avant votre départ. Lesquelles ?

PJ : Surtout la langue. Mais le club m’a tout de suite aidé. On nous fournit même des AirPods qui traduisent en direct lors des réunions vidéo ou des conférences avec le coach. C’est vraiment top. Et mes coéquipiers ont été incroyables avec moi, ils m’ont beaucoup guidé dès le début.

FF : Vous avez disputé 15 matches de Bundesliga 2, avec un but et quatre passes décisives. Un bilan satisfaisant pour un piston ?

PJ : Oui, surtout que je joue dans un rôle très offensif. On évolue dans une défense à trois, donc je suis vraiment sur tout le couloir droit. Le coach me demande d’aller chercher mon adversaire, de me projeter rapidement vers l’avant. Forcément, ça m’offre plus d’opportunités d’être décisif. Il n’y a personne devant moi sur le couloir, donc j’ai un vrai rôle à jouer. On presse haut, on joue beaucoup le un contre un. C’est exigeant, mais très intéressant dans ce contexte.

FF : À vos débuts, vous avez pourtant été formé comme défenseur central. Comment s’est faite la transition vers le poste de latéral/piston ?

PJ : Quand j’ai commencé à m’entraîner avec les pros à Auxerre, Jean-Marc Furlan m’a expliqué qu’il me voyait davantage comme latéral droit. Il pensait que mon profil — capacité à répéter les efforts, à courir tout un match — correspondait mieux à ce poste. C’est comme ça que je suis passé latéral en arrivant chez les professionnels. Ensuite, la clé pour s'adapter, c'est assez simple : beaucoup de travail à l’entraînement, au quotidien. Travailler les centres, les appels, la projection. J’ai aussi beaucoup observé les meilleurs à ce poste. Le rôle du latéral a énormément évolué ces dernières années : aujourd’hui, on attend de nous qu’on soit décisifs.

FF : Justement, quels joueurs vous ont inspirés ?

PJ : Joshua Kimmich est mon joueur préféré. Il a joué latéral, défenseur central et milieu, donc je me reconnaissais beaucoup en lui. Kyle Walker aussi, à l’époque à Manchester City. Ce sont des références.

FF : Comme vous l'avez dit plus haut, le championnat allemand est réputé pour son intensité. Est-ce que ça vous fait progresser au quotidien ?

PJ : Oui, clairement. Défensivement, on est souvent en un contre un. Chacun a de grandes responsabilités. Il y a beaucoup de transitions, beaucoup de prises de risques. De l’intérieur, on sent vraiment que c’est un championnat tourné vers le spectacle.

FF : On dit souvent qu’en Allemagne “il n’y a pas de défense”. Que pensez-vous de cette idée préconçue ?

PJ : Pas vraiment. Les équipes jouent souvent à cinq derrière, mais avec beaucoup plus de risques qu’en France. Les défenseurs sont très rugueux, mais comme il y a beaucoup d’espaces et de duels, la moindre erreur se paye cash. C’est surtout ça qui explique le nombre de buts, pas un manque de qualité défensive.

FF : Après 19 journées, vous êtes sixièmes avec le Kaiserslautern. Quels sont les objectifs du club cette saison ?

PJ : À mon arrivée, la direction m’a parlé de jouer le haut du classement. On est dans les clous. On a des matches importants qui arrivent contre des concurrents directs, notamment lors deux deux prochaines journées contre le deuxième, Darmstad, et le troisième, Paderborn. L’objectif, c’est de rester dans le wagon des cinq ou six premiers et d’aller chercher quelque chose en fin de saison.

FF : Le public de Kaiserslautern est souvent mis en avant. Quelle différence avec ce que vous avez connu en France ?

PJ : À Auxerre, le stade était toujours plein et j’en garde d’excellents souvenirs. Mais ici, c’est encore un autre niveau. Le stade fait 50 000 places et il est plein chaque week-end. Même à l’extérieur, tous les stades sont remplis. À Schalke, par exemple, il y avait 60 000 personnes. Les ambiances sont incroyables, c’est ce qui manque parfois en France.

FF : Footballistiquement, quelles sont les grandes différences entre l’Allemagne et la France ?

En France, l’aspect tactique est primordial. Tout est très structuré, précis. En Allemagne, c’est beaucoup plus intense, plus vertical. Les matches peuvent basculer à tout moment, il y a beaucoup d’actions et de pressing. Ce sont deux styles très différents, mais de très haut niveau.

FF : Vous êtes prêté avec option d’achat. Comment abordes-tu cette situation ?

PJ : Très sereinement. Je suis heureux ici et je donne le maximum pour que le club ait envie de lever l’option. Ensuite, la décision dépendra de plusieurs parties. Moi, je me concentre sur le terrain.

FF : La Ligue 1 reste-t-elle pour vous un objectif à moyen terme ?

PJ : Bien sûr. La France reste mon pays. Mais je ne me ferme à rien. La Bundesliga est aussi un championnat exceptionnel. On verra selon les opportunités.

FF : Dernière question : où aimeriez-vous être dans deux ou trois ans ?

PJ : J’aimerais évoluer dans l’un des grands championnats européens, que ce soit en Ligue 1, en Bundesliga ou ailleurs. Et pourquoi pas découvrir un jour les compétitions européennes.