Pour le moment, il ne fait pas partie de la liste des joueurs inscrits pour le Grand Smash de Singapour (19 février-1er mars), mais au regard de sa forme, Wen Ruibo pourrait bien bénéficier d'une wild-card...
Certes, il peine à prendre un selfie, mais à la table, il est déjà très impressionnant pour son âge. Vainqueur de l'Allemand Patrick Franziska (19ᵉ) samedi en finale du troisième tournoi majeur de la saison, le jeune Chinois a ajouté une première belle ligne à son palmarès.
Apparu il y a déjà presque deux ans sur le circuit WTT, il est tranquillement monté en puissance en 2025 – parvenant notamment à atteindre la finale du Contender de Skopje (Macédoine du Nord) en mai. Mais en ce mois de janvier 2026, il a vraisemblablement passé un cap. Non qualifié pour le Champions de Doha en raison d'un classement trop bas, Wen Ruibo a démontré une belle envie dès le début du Star Contender qatari.
Il a profité du forfait du Taïwanais Lin Yun-Ju (9ᵉ) en 16ᵉ de finale, mais c'est bien lui seul qui est allé chercher ses victoires successives contre le Danois Anders Lind (18ᵉ), son compatriote Xue Fei (46ᵉ) et le N°3 mondial Hugo Calderano. En finale, il n'a pas su battre un autre de ses compatriotes, Zhou Qihao (23ᵉ).
Une première démonstration de force, bien que tous les meilleurs joueurs du monde ne soient pas présents, qui s'est donc confirmée à Oman cette semaine. Wen Ruibo a notamment éliminé l'Allemand Benedikt Duda (14e), le Slovène Darko Jorgic (15e) et donc Franziska. Ce fut difficile samedi malgré une avance de trois sets à zéro, mais le joueur chinois a trouvé les ressources pour s'imposer 14-12 dans la septième et dernière manche.
Un match comme celui-ci pour glaner un premier titre WTT est un accomplissement significatif – encore plus quand c'est face à un joueur expérimenté comme Franziska.
Un énième talent venu de Chine ?
Au 27 janvier, dix Chinois sont présents dans le Top 50 mondial. Wen Ruibo fait partie des plus prometteurs, capable peut-être d'être parmi les prétendants à la liste des joueurs qui feront les Jeux olympiques 2028 dans deux ans et demi. La concurrence sera évidemment rude, mais en l'espace de trente mois, énormément de choses peuvent survenir.
Surtout, au regard de son âge, le pongiste de 19 ans semble évidemment précoce. Certes, il n'a pas été titré en individuel dans les différents championnats mondiaux jeunes, mais, par équipes, il a fait partie de l'équipe chinoise victorieuse en 2023 et 2024. Finalement, il est loin d'être méconnu des plus fins observateurs, mais en ce début de saison, sa trajectoire détonne. Gagner autant de matches face à d'aussi bons joueurs, cela restait difficile à prévoir. Évidemment, le plus difficile est à venir, mais les promesses sont belles. Par ailleurs, il joue pour le club d'Hennebont qui évolue en Pro A et certains passionnés français ont déjà pu le voir à l'œuvre tout récemment. Il a disputé trois matches en trois rencontres distinctes… et n'en a perdu aucun.
Maintenant, ce qui est intéressant à observer est son style de jeu à la table. Droitier, polyvalent, il s'inscrit naturellement dans la lignée de ses derniers meilleurs compatriotes. Plutôt bon en service/remise – bien qu'ils le soient quasiment tous à ce niveau de performance –, Wen Ruibo se démarque sur sa capacité à contrer.
Ces derniers jours, il a été admirable dans sa capacité à distribuer le jeu, forcer ses adversaires à faire la faute notamment. Puis, mentalement, il n'a pas lâché sa finale quand Franziska est revenu progressivement au score. À la belle, il ne s'est pas laissé emporter par l'enjeu : à savoir un premier titre en carrière.
Dans une période où son pays semble avoir fait le choix de former d'autres types de joueurs – comme Chen Junsong (38ᵉ) –, Wen Ruibo va être intéressant à suivre dans sa manière de construire et de développer son "ping" au plus haut niveau. Parce qu'il est évidemment logique que ses ambitions seront élevées dans les semaines et les mois à venir. À l'image du Japonais Sora Matsushima (8ᵉ) en 2025, Wen Ruibo a la capacité d'être la révélation de l'année.
