Endrick a explosé les compteurs dès ses premiers matchs sous le maillot lyonnais. En cinq apparitions toutes compétitions confondues, le Brésilien prêté par le Real Madrid a déjà signé cinq buts et une passe décisive. Le point d’orgue de ce début de prêt flamboyant reste un triplé contre Metz (5‑2) qui l’a inscrit dans l’histoire de l’OL comme le plus jeune joueur du club à marquer trois buts en Ligue 1 à seulement 19 ans et 188 jours, devançant notamment des noms historiques comme Bernard Lacombe.
Ses performances individuelles sont également remarquables statistiquement : il a été l’un des joueurs qui ont cadré le plus de tirs par match en championnat (2,7) et réalisé un nombre impressionnant de dribbles pour un débutant dans le championnat (une moyenne de 4 par match). La présence d’Endrick a été un vrai boost offensif pour Lyon. Ses débuts ont coïncidé avec une série de 11 victoires consécutives pour l'OL, une première depuis plus de 20 ans pour le club rhodanien.
Déjà comparé à Benzema
Et il n'en fallait pas plus à une légende comme Cris pour s'enflammer et comparer le prodige brésilien à... Karim Benzema : "J'ai vu Karim monter avec nous à l'époque, c'était à peu près le même style, surtout dans les 20-25 derniers mètres." Une comparaison qui fait finalement peser un poids sur les épaules du néo numéro 9 lyonnais, qui réfute immédiatement en zone mixte après le succès 1-0 face à Laval : "C'est très bien pour moi, car c'est un grand joueur, un footballeur incroyable, qui a été le meilleur au monde. Mais non, Karim est loin devant. Je suis très heureux d'être ici, d'être là où il a joué."
Englué face à ce club de Ligue 2 en 8es de finale de la Coupe de France, l'OL a en effet pu compter sur "le talent d'Endrick pour faire la différence", comme admet Paulo Fonseca. Servi par Pavel Sulc dans la profondeur, le Brésilien a réalisé un passement de jambes au milieu de la défense lavalloise avant de signer un pétard qui sera l'unique but de ce court succès au Groupama Stadium. Un golazo qui a fait le tour du monde et accumule des millions de vues sur les réseaux sociaux, symbole du potentiel aussi bien sportif que médiatique du jeune brésilien.
Vrai-faux numéro 9
Mais face à Laval, les supporters lyonnais ont aussi vu un autre aspect d'Endrick. Avant de basculer sur l'aile droite, où il a ses habitudes depuis ses premiers pas lyonnais, le Brésilien a connu un début de partie compliquée dans une position de numéro 9. Comme face à Lille (1-0), il a été bien muselé par les Lavallois qui ont su limiter son impact dans le coeur du jeu. Paulo Fonseca l'admet : "Oui c'est vrai. Il a eu davantage de mal à l'intérieur du jeu. Lorsqu'il était à l'extérieur, c'était mieux."
Un problème qui pourrait rapidement se résoudre pour les Gones, puisque l'OL a signé sur le gong Roman Yaremchuk. L'Ukrainien de 30 ans débarque sur les bords du Rhône pour être un pur numéro 9, du style des pivots comme Giroud, et donc soulager le Brésilien. "Roman est un vrai attaquant, très bon dans la surface. Nous n’avons pas de joueur avec ces caractéristiques. Pavel n’est pas vraiment ce type d’attaquant, Endrick peut l’être, mais Roman sera important contre des équipes qui défendent bas. Avec lui, nous aurons d’autres solutions tactiques", assure Fonseca.
Son arrivée va aussi permettre à Endrick de souffler un petit peu, lui qui quelques minutes après son but face à Laval s’est allongé quelques minutes sur la pelouse, se tenant l’arrière de la cuisse. Si le Brésilien a pu se relever et terminer la rencontre, son entraîneur a tout de même émis des doutes sur la cadence tenue globalement par son effectif. "Je suis un peu préoccupé par l’état physique de l’équipe en ce moment, mais on a gagné, retient-il, notant qu'avec une courte victoire 1-0 il n'a pas pu faire tourner comme il aurait aimé. On est fatigué mais c’est plus facile quand on gagne. Comme entraîneur je dois faire attention à cela."
Une fatigue qui s'installe déjà ?
Si le jeune Brésilien a posé ses valises au Groupama Stadium avec la quasi-assurance de disputer chaque rencontre, une clause permettant à l'OL de diminuer au minimum le coût de son prêt en fonction du nombre de rencontres jouées, il pourrait dans certains cas n'être qu'un supersub. Comme il a pu l'être au Real Madrid lors de sa première saison. Dans sa jeune carrière, Endrick n'a jamais disputé de saison complète en tant que titulaire et devra sans doute être ménagé pour éviter des surcharges musculaires.
Pour garder la forme, il pourra compter sur Guido Spirandelli, l'un des kinésithérapeutes de la formation madrilène qui l'accompagne durant ces six mois de prêt. Lyon jouant encore sur tous les tableaux, Endrick aura de toute façon fort à faire les prochaines semaines, entre ce déplacement à Nantes, la réception de Nice, les déplacements à Strasbourg puis à Marseille avant de recevoir Lens en quarts de finale de Coupe de France et de disputer les 8es de Ligue Europa les 12 et 19 mars prochains, entre deux matchs de Ligue 1 face au Paris FC et au Havre.
