Exclu - Patrick Lemarié, co-fondateur de Feed Racing : "Le talent n’a pas d’âge"

Patrick Lemarié, co-fondateur de Feed Racing, a accordé une interview à Flashscore.
Patrick Lemarié, co-fondateur de Feed Racing, a accordé une interview à Flashscore. JEAN MICHEL LE MEUR / JEAN MICHEL LE MEUR;DPPI Media / DPPI via AFP / Profimedia

Avec une saison dans un championnat international F4 pour le vainqueur de l’édition annuelle, le volant Feed Racing ne cache pas son intérêt pour les aspirants au sport automobile professionnel. La septième année de l’école de pilotage créée par Jacques Villeneuve et Patrick Lemarié entamée avec les essais hivernaux, “Feed” continue son expansion, sans oublier sa principale intention : détecter et fortifier le talent.

Quel meilleur exemple qu’un challenge karting organisé depuis 2019 par le conseil général de la Nièvre pour ses collégiens au sein d’un lieu mythique de cette contrée rurale : le circuit de Nevers Magny-Cours. Flashscore y a rencontré Patrick Lemarié, plaisamment disponible au cœur d’une journée où son école de pilotage était à l’honneur avec pour le vainqueur du challenge, une place assurée et offerte lors de l’édition 2026 de Feed Racing. 

Au gré d’un échange passionnant de près de 45 minutes, Patrick Lemarié a ainsi pu revenir sur le succès de Feed Racing et les enjeux de demain conçus par lui et son fidèle acolyte Jacques Villeneuve : mettre le talent à l’honneur et faciliter l’accès au sport auto. 

Flashscore : Les karts bourdonnent derrière nous. Pouvez-vous nous expliquer ce que Feed Racing fait sur une compétition de karting pour jeunes collégiens ? 

Patrick Lemarié : À l’embryon du partenariat et après s’être dit que Feed était une bonne chose avec l’intervention de Jacques (Villeneuve) et moi-même, que l’image pour le circuit était bonne, on était d’accord pour dire qu’il fallait aller plus loin. On a cherché des idées avec le département et les acteurs locaux. On a fini par se dire que l’on allait faire des sélections dans tous les collèges du département, prendre le meilleur de chaque collège, faire une finale et donner accès à Feed Racing au vainqueur. 

FS : Avec des femmes dans le contingent ? 

PL : Cette année on n’en a pas eu mais il y en a généralement à toutes les finales. On veut qu’il y en ait plus à Feed Racing également avec Jacques mais force est de constater que peu de filles s’inscrivent. Ça n’est toujours pas le sport principal chez les filles mais le talent et la détection viennent aussi avec le nombre. Plus la détection est grande, plus tu vas trouver des talents. C’est ce qu’on essaye de faire mais on aimerait démocratiser et aller faire plus de détections, plus loin dans le karting. On a plein d’idées et il suffit de voir ce que fait le Rallye Jeunes en ratissant très large pour comprendre l’intérêt.

FS : L’ouverture d’un troisième stage Feed Racing pour 2025 est-elle la preuve d’une réussite grandissante ? 

PL : Oui et cela commence à être connu. On a créé une belle marque mais surtout de la qualité. C’est une chose dont on est très fiers avec Jacques. C’est une équité parfaite où le talent est récompensé. Le jury est symbolique, il n’a aucune implication sur le résultat final. C’était obligatoire pour Jacques et moi : la performance et rien d’autre pour le résultat. Il faut être le meilleur d’un jour donc cela peut aussi réserver des surprises. Quand j’ai créé Feed, j’ai pris les bonnes choses des anciennes écoles de pilotage et j’ai amélioré ce qui était moins bien. 

FS : Par rapport à l’équité ? 

PL : Exactement. Aujourd’hui, on a un produit vraiment top et ce qui m'intéresse, ce sont les deux parties de Feed Racing. La première, c’est la formation. On prend le temps d’apprendre aux jeunes à piloter. Les autres équipes ne le font pas vraiment par manque de temps et parce qu'elles se servent beaucoup de data mais nous, nous ne voulons pas. 

FS : À l’ancienne, donc ? 

PL : On est sur du one-to-one, avec les coachs en bords de piste et il n’y a pas besoin de graphique pour voir si le pilote met du frein ou pas. C’est surtout du cas par cas, avec un vrai contact dans un petit groupe (NDLR : 20 maximum par stage). Les débriefs sont individuels car chacun vient avec ses qualités et ses défauts, sa plus ou moins grande expérience, sa façon de piloter. Tu ne peux pas dire : “C’est comme ça qu’il faut faire pour piloter, la voiture elle fonctionne comme ça, si tu n’y arrives pas, t’es nul”. Ce n’est pas ça le sport automobile. Alors oui, old fashion mais ça fonctionne super bien car on voit la progression de jeunes qui ont très peu d’expérience. Cette partie est très importante.

FS : C’est déjà la septième année du programme. Le concept s’affine-t-il ? 

PL : Cette formation me tient à cœur et je veux que les jeunes viennent à Feed Racing pour apprendre à piloter. Qu’ils aient envie de faire carrière ou pas, qu’ils aient les moyens de faire de la F4 ou pas. Mais cette formation, ils l’auront nulle part ailleurs. 

Et à partir du cinquième jour, la sélection se met en place. Or, je vois trop de jeunes qui sont obnubilés par le résultat. Le volant c’est bien mais il ne faut pas oublier que ces cinq jours sont ultra importants dans ce que tu veux faire plus tard. 

FS : Vous avez des cas où les jeunes se disent qu’ils ne vont pas faire Feed parce qu’ils doutent de ne pas pouvoir gagner… 

PL : C’est une très mauvaise approche et je le déplore. Tout ce que tu vas apprendre durant ces cinq jours, cela va te servir.

FS : Doriane Pin et Jules Caranta en sont-ils les exemples ? 

PL : Absolument. Cette expérience sert toujours. Cela reste une sélection compliquée et même si tu te loupes, l’expérience te sera bénéfique toute ta carrière. Moi je n’ai pas gagné (NDLR : volant ELF) et j’ai fait de la F1, (Jean) Alesi n’a pas gagné et il a fait de la F1. Ça reste une école de pilotage et oui c’est génial si tu gagnes mais tous nos jeunes qui roulent un peu partout sont performants. Même ceux qui n’ont pas gagné. 

À notre époque, on se disait que de toute façon, quoiqu’il se passe, on allait faire une école de pilotage. Au Paul Ricard on était 450. Rien qu’au Paul Ricard. Là, on est tout seul sur la planète avec Feed et on est 50. Où vont tous ces jeunes qui rêvent de faire du sport automobile ? 

Patrick Lemarié avec Malo Bolliet
Patrick Lemarié avec Malo BollietPatrick Lemarié

FS : Ils sont perdus ? 

PL : Voilà, ils sont perdus. On leur dit, “il faut faire du kart et aller dépenser 100 000 euros”. Attention, je ne suis pas contre le kart, je n’en ai pas fait beaucoup et Jacques n’en a pas fait mais cela ne nous a pas empêchés de faire de la performance. Le kart c’est bien mais même si tu as les moyens de faire de la F4, viens faire Feed ! Le rapport roulage-prix est hors du commun. Il y a un avant et un après avec la formation, la technique. On grandit aussi psychologiquement avec un concours compliqué et cela permet aux parents de savoir où les enfants en sont avant de faire des bêtises financièrement. Même si tu as été très fort en kart, la monoplace c’est différent, ce n’est pas la même technique. 

FS : Justement, au niveau du prix. L’inscription n’a presque pas bougé depuis 2019. Est-ce grâce aux partenaires ou à une volonté accrue de démocratiser du mieux possible l’accès à ces stages ? 

PL : On ne fait pas d’argent avec ça, c’est évident. Cela reste conséquent et c’est une somme mais l’expérience en vaut le détour. On va se dire que je prêche dans ma paroisse mais non. Je suis issu d’une école de pilotage, je n’avais pas d’argent pour faire de la course. Je connais le parcours et je sais que ce qu’on apprend à Feed donne les clés. 

Financièrement ce n’est pas encore ouvert à tout le monde et il faut qu’on bosse là-dessus mais on a déjà ouvert l’entonnoir.  Il faut qu’il y ait une détection, il faut que les jeunes puissent continuer à rêver, à montrer qu’ils ont du talent. Maintenant les recruteurs vont chercher des gamins en karting mais ces gamins-là dépensent déjà 150 000 euros par an. 

FS : Au début du projet, une sorte de médisance pouvait laisser entendre que vous ne seriez pas pleinement investis. Ce n’est résolument pas le cas mais où continuez-vous à trouver la motivation ? 

PL : On fait notre truc avec Jacques depuis le début et on n’écoute pas ce que les gens disent, sinon on ne fait rien. Feed, c’est mon histoire et Jacques la connaît. Il a aussi eu des difficultés en perdant son père tôt. Bon, mon père faisait de la plomberie, son père de la F1 (sic). Il a eu d’autres avantages mais aussi d’autres difficultés. Quand je lui ai dit que je voulais refaire ça, il m’a tout de suite dit que c’était une super idée et c’était issu d’une discussion où l’on s'inquiétait de voir l’évolution de notre sport. 

FS : Où le talent n’est plus pleinement récompensé ? 

PL : Oui et les perspectives d’évolution que l’on entend tout le temps dans les catégories de promotion. Avec Jacques, on n’avait pas cette discussion mais plutôt, comment on commence ? C’est quoi le début ? Si tes parents n’ont pas 150 000 euros, tu ne démarres pas ? On n’est pas contre l’argent, on en a gagné, il y a toujours eu des pilotes plus ou moins fortunés mais il y a toujours eu des systèmes de sélection et de détection. Aujourd’hui, à part nous, il n’y en a plus. 

FS : Dans un sport qui retrouve une popularité abyssale. 

PL : Cela n’a jamais vraiment baissé. Si tu prends la liste des métiers qu’ont envie de faire les jeunes, pilote c’est dans le top 5. Ce qu’il faut, c’est leur donner l’opportunité de pouvoir essayer. Rêver dans sa chambre, c’est bien mais après avoir fait Feed, tu sais au moins ce que c’est. 

Pour nous, on dénombrait sept écoles de pilotage en France à notre époque. Aujourd’hui, il n’y a plus que Feed et la moitié des jeunes sont étrangers. Où vont tous ces jeunes qui ont envie de rêver ? 

FS : Que faire pour les attirer ? 

PL : C’est la grosse question car c’est aussi difficile de communiquer de nos jours. Avant, tu faisais de la pub Sport Auto, Auto Hebdo et un truc Anglais et tu avais fait le tour de la planète (sic). Les réseaux sociaux sont délicats à quantifier, c’est donc du bouche à oreille…

Il y a une reconnaissance grandissante du sérieux de Feed dans un sport où il y a souvent des excès. Comme partout, il y a des gens qui font bien leur boulot et d’autres qui le font mal. Le monde est très court-termiste et je ne le suis pas. Je veux construire sur le long terme et m’occuper des jeunes, je suis un peu à l’ancienne ! Je dis les choses, je suis dur mais les parents et pilotes comprennent vite que la seule chose qui m’intéresse, c’est la performance. Je me dis que l’on fait bien notre boulot quand je vois le niveau de la finale 2024, les premiers essais de Malo Bolliet, qu’un tiers du plateau (10 concurrents) sur la grille de la FFSA cette année a fait Feed. Je suis un homme pressé et j’aimerais qu’on en fasse plus. 

FS : Est-ce que vous continuez à suivre les pilotes passés par Feed Racing dans leurs aventures par la suite ? La reconnaissance absolue du projet passe-t-elle par un pilote passé par Feed dans une F1 ? 

PL : Ce qui est intéressant c’est d’avoir des pilotes qui ont fait Feed et qui gagnent partout. En rallye, en Porsche Supercup, en monoplace. On a Jules Caranta, on a Doriane Pin, on a Pepe Marti. Ils sont jeunes et pas encore en F1 mais ils vont y aller. Feed Racing t’apprend à piloter et nos jeunes sont performants partout. 

FS : L’école est reconnue, plus que jamais ? 

PL : Je me balade dans le paddock de Supercup et ils regardent la finale Feed. On a mis le truc en route et c’est devenu une référence qui ouvre des portes, c’est génial. Le volant Elf à notre époque c’était une carte de visite et je veux que Feed devienne la même chose. On y arrive petit à petit. Je suis très content de ce que l’on fait et des retours que l’on a. On n’a pas d’avis négatif. Quand à la finale, on a les pilotes déçus et que les parents viennent me serrer la main, ça fait plaisir et c’est la preuve que l’on fait bien notre boulot et qu’ils voient que l’on fait tout pour que cela soit équitable. Je ne fais pas tout ça pour que cela ne soit pas le meilleur qui gagne. 

FS : C’est forcément lié à votre histoire personnelle… 

PL : Je n’ai pas envie que quelqu’un vive ce que j’ai connu. On peut évidemment avoir des soucis mécaniques, ça reste le sport automobile, on ne contrôle pas tout. Les parents et les pilotes voient qu’on est dans la mentalité du détail et c’est pour cela que les retours sont bons. 

FS : Comment se passe le suivi de vos anciens pilotes et notamment de Jules Caranta, passé sous le giron Red Bull pour les cinq prochaines années ? 

PL : J’aide Jules à structurer toutes ces nouveautés. Il faut toujours garder le contact entre le pilote et Red Bull. C’est un vrai ambassadeur pour nous et je suis persuadé qu’il fera de la F1. Il a le talent, Helmut Marko l’apprécie. C’est le premier qui a vraiment le potentiel et même s’il n’a pas gagné parce qu’il était très jeune, c’est vraiment notre produit Feed. Il a beaucoup appris et la frustration connue lui sert déjà actuellement. 

J’ai aussi beaucoup d’espoirs en Malo Bolliet cette année. Il a le talent mais ce qui fait la différence sur un sportif, c’est aussi la tête. 

FS : Avec votre palmarès et votre expérience, arrivez-vous, avec Jacques Villeneuve, à être encore réellement surpris par certains jeunes ?

PL : On a encore des moments où on se dit “lui, il a quelque chose, il a un cran au-dessus, les aptitudes sont là”. Or avec Jacques, on sait très bien que les aptitudes c’est 20% du truc. Le travail vient après, la structure, les opportunités quand ça compte, c’est très psychologique ! 

J’ai cru qu’Augustin Bernier allait faire une saison fantastique la saison passée. Ça a finalement mis du temps à démarrer mais j’ai un peu la même sensation avec Malo cette année. Il est un peu plus vieux et c’est quand même un sport où il faut être mature. 

FS : Le temps n’est pas compté ? 

PL : Le discours, “on veut des jeunes”, c’est très bien avec l’exemple Verstappen où ils lui ont laissé faire beaucoup de choses et où maintenant il est très fort mais ce n’est pas un sport où tu dois arriver trop jeune. Il faut de la maturité et c’est ce que je reproche à la F1 aujourd’hui, ainsi qu’à tous les constructeurs. Non, ce n’est pas fini si tu as plus de 17 ans. T’as Hamilton qui roule à 40 ans, les carrières sont hyper longues. Nous on est arrivés en F1 à 25 ans et on n’était pas des truffes (sic). 

Jacques et moi sommes d’accord pour dire que l’on a oublié le talent. Et qu’il n’a pas d’âge. Comme tous les sports de haut niveau, la différence se fait dans la tête. Je pense que les jeunes sont trop entourés et je pense que les parents veulent bien faire mais le sport automobile reste très compliqué et tu dois réussir à construire et découvrir ta vraie mentalité. 

FS : Il faut trouver un entourage qui intervient avec parcimonie ? 

PL : À petites doses. Jules Caranta n’avait personne autour et ça marche. Apprendre de tes erreurs, former ton propre caractère. On n’avait pas toutes ces aides extérieures à l’époque et ça marchait bien. 

FS : L’accompagnement est pourtant l’une des suites logiques de vos actions avec Feed. 

PL : Maintenant que je suis là-dedans, j’ai envie d’en faire plus. On va essayer de suivre Jules, d’aller plus loin pour ne pas les lâcher dans la nature et d’optimiser les structures respectives de quelques pilotes. Éviter les erreurs, faire une vraie stratégie… C’est très important et c’est le moment d’évoluer là-dessus parce qu’on commence à sortir des jeunes avec beaucoup de talent. 

FS : Sur les stages et la finale Feed, le pilote peut-il décider des réglages lui-même sur l’aéro ou sur le roulis ? 

PL : Non, on est sur une voiture très neutre. C’est de la préparation pour les courses où ils sont tous sur les mêmes réglages. Après, l’étape au-dessus, c’est sûr qu’il y a un changement où ils doivent commencer à travailler avec un ingénieur. C’est ce que je fais avec Jules, à lui apprendre à être curieux, à poser des questions, à comprendre comment sa voiture fonctionne et à l'améliorer. 

Les deux trois derniers dixièmes sont là et c’est ce qui fait la différence pour que ta voiture te convienne avec tes réglages. C’est ce que Senna a compris quand il est arrivé chez McLaren au côté de Prost. À un certain niveau, le pilotage ne compense plus. 

FS : Comptez-vous utiliser les nouvelles générations de F4 Mygale (devenu Ligier Advanced Technologies) pour les finales ? 

PL : On les utilise déjà sur les essais d’hiver pour que les pilotes soient dans les mêmes conditions qu’en championnat et peut-être qu’un jour, on fera la finale avec ces Gen2. En plus de la piste de F1, avoir une voiture plus exigeante permettrait aussi de voir la capacité d’adaptation. Mais l’essentiel, une fois de plus, c’est l’équité du matériel. 

FS : En 2019, vous songiez à exporter votre modèle en cas de succès. Existe-t-il un intérêt de le faire lorsque l’on recense le grand nombre de pilotes étrangers qui débarquent pour chaque édition ? 

PL : On n’en fera pas un autre en Europe car de la façon dont on le fait, les coûts restent très élevés. Il y aurait par contre une logique de faire une école aux États-Unis avec l’IndyCar, que j’aime beaucoup, en ligne de mire. Et peut-être en Asie avec des retombées sur des championnats en Chine ou au Japon. Mais avant de vouloir conquérir le monde, il faut être le plus fort de son jardin (sic). Selon les occasions et l’évolution, on verra ce que l’on peut faire. 

Aux États-Unis, il y a plus d’opportunités. L’IndyCar est un super championnat. Même s’ils rêvent tous de F1, l’idée de pouvoir choisir serait top. Ce qui pourrait être envisageable avec une idée comme celle-ci, c’est de gagner aux USA et de choisir entre la F4 en France ou la formule de promotion là-bas, et peut-être la même chose en Asie. Ce sont des points de développement mais l’on essaye surtout de consolider ici, à Magny-Cours. Je veux surtout démocratiser l’accès à Feed avec du karting à grande échelle. Aller dans la masse, faire des sélections très accessibles et aller encore plus loin dans la détection.