Champion de France en 2025, vice-champion d'Europe en 2026, l'ANM continue de progresser grâce à ses deux figures de proue : Félix (2ᵉ mondial) et Alexis Lebrun (9ᵉ). Mais derrière les deux frères, c'est un effectif composé de plusieurs joueurs qui fonctionne en harmonie.
Ce mardi, la saison de Pro A démarre et Antoine Hachard et ses coéquipiers reçoivent Angers, une équipe qui s'est renforcée durant l'intersaison avec les arrivées des Français Lilian Bardet (89ᵉ) et Joé Seyfried (56ᵉ). Hachard a certes arrêté sa carrière sur le circuit international, mais continue de performer en club où il a contribué grandement aux succès de l'Alliance. En 2026-2027, le Français Rémi Betelu (189ᵉ) a rejoint l'aventure pour remplacer numériquement Esteban Dorr (121ᵉ), parti chez le champion de France en titre : Rouen.
L'objectif est plutôt clair : être compétitif sur les deux tableaux et donc espérer reprendre la couronne de champion de Pro A tout en devenant champion d'Europe.
Flashscore France : Comment vous sentez-vous avant ce début de saison qui commence ce mardi soir, 22 septembre (19h30), avec la Pro A face à Angers ?
Antoine Hachard : Je suis déterminé, je suis dans une bonne phase. J'ai eu une période un peu compliquée parce que je me suis blessé cet été, je ne l'ai pas communiqué, mais j'ai eu une déchirure à l'ischio. Du coup, j'ai été en convalescence pendant 2 mois. Depuis début juillet, c'était pas simple, car j'étais prêt à reprendre et au deuxième jour de la reprise, je me suis pété. Mais bon, ce sont les aléas du sport de haut niveau. Je me suis bien remis, ça n'aurait pas fait de mal d'avoir, pour être transparent, une semaine ou deux semaines de plus quand même d'entraînement, parce que j'ai repris il n'y a pas si longtemps que ça. Avec l'équipe, on est bien. J'ai hâte de retrouver les gars, de passer du temps ensemble, on a une dizaine de jours pour faire les trois matchs qui démarrent, et c'est une nouvelle saison. Après deux grosses dernières saisons, il faut repartir. Il y a un nouveau joueur aussi dans l'équipe, donc pas mal de changements quand même.
FF : Êtes-vous tout de même satisfait de votre préparation, aussi bien à la table que physiquement ?
AH : La préparation physique est d'autant plus obligatoire avec la blessure. J'ai eu une période de cinq semaines où, pendant près de dix jours, tu ne peux rien faire à cause d'une grosse déchirure comme ça. Au début, j'étais en béquille, tu minimises les mouvements, et progressivement, tu commences la rééducation, la réathlétisation. Cela a pris 4-5 bonnes semaines, et puis dès que j'ai pu commencer à bouger à peu près, j'ai essayé le plus tôt possible de reprendre la raquette, mais c'était sans explosivité, que de petits mouvements lentement. Initialement, j'avais eu trois semaines de vacances après les championnats de France, mais j'arrête quasi jamais complètement, parce que c'est traumatisant quand même ce qu'on fait. Et souvent – la preuve, je me suis blessé –, les périodes de reprise, c'est les plus dangereuses. En général, ce qu'on fait l'été justement, on en profite, il y a moins de compétition, on essaye d'avoir au moins 4-5 semaines de préparation physique. Évidemment, il y a du ping, mais plus accentué sur le physique.
FF : Vous avez pu passer du temps avec vos coéquipiers lors de cette préparation ?
AH : Parfois, certains étaient là, parfois d'autres, après c'est un gros groupe. On est l'équipe professionnelle, mais il y a le centre d'entraînement, avec le pôle France, donc il y a une vingtaine d'autres joueurs. Cela dépend des périodes. Au début, je ne pouvais pas m'entraîner au ping, donc j'étais à côté en salle de musculation. J'ai fait la rééducation avec Bruno Parietti, et Jérémy Surault, que je remercie grandement, qui m'ont bien aidé cet été, puisque c'était la période creuse, où tout le monde a envie d'être en vacances, et ils étaient avec moi sur une bonne partie des séances, donc c'était cool. J'ai passé une bonne partie de mon été avec eux.
FF : Il y a eu un stage durant l'été à Montpellier, c'est bien ça ?
AH : Oui, il y a eu beaucoup de stages tout l'été au club. Il y avait des périodes un peu différentes, il y avait Alexis (Lebrun) qui était là un moment, il y avait Thibault Poret qui est venu, Vincent Picard, il y a eu du monde.
FF : Vice-champion d’Europe la saison passée avec Montpellier et demi-finaliste du championnat en étant tenant du titre, quels sont les objectifs pour 2026-2027 ?
AH : Oui, on va tout donner et s'adapter. La particularité, c'est que je ne joue qu'au club, avec Grégoire (Jean) aussi, Rémi (Betélu) joue beaucoup aussi en international, Alexis, Félix (Lebrun) pareil, Manav (Thakkar) pareil. Ce qui fait que c'est dur d'avoir tout le temps l'équipe au complet, donc tu composes aussi avec ces éléments-là. Personnellement, je me dis que c'est toujours top quand on est tous ensemble. Après, la réalité, c'est qu'aujourd'hui, tout le monde a des carrières aussi internationales à côté, qui sont évidemment très importantes également, dont l'équipe de France. Il faut jongler avec tout ça, donc je pense que cette année, on a une belle carte à jouer. Concernant, la Ligue des champions, l'idée, ce serait d'aller au Final Four. On est passé maintenant tête de série, du coup, on saute les premiers tours. Après, la Pro A, je dirais que ça va dépendre aussi de comment ça se déroule. C'est une saison particulière puisqu'il n'y a pas de descente. Évidemment, l'objectif, c'est d'être en play-off. Quoi qu'il arrive, on a une super équipe. Et on a prouvé qu'on arrive à gagner sans Félix et Alexis. Je pense qu'il faudra surfer sur cette dynamique et aussi bien intégrer Rémi, notre nouvel élément. Ça va être cool de partager ça ensemble.
FF : L’ambiance est au beau fixe dans l’équipe ? Les changements d’effectif ont été faciles à gérer ?
AH : Oui, carrément. Déjà, Esteban (Dorr), je suis très proche de lui, c'est un super pote à moi, donc ce n'était pas simple (de le voir quitter l'équipe, ndlr). Mais bon, c'est la vie. Je lui souhaite le meilleur à Rouen. Et après, Rémi, c'est quelqu'un que j'ai connu aussi il y a longtemps puisqu'on était à Villeneuve-sur-Lot ensemble à l'époque. Il était plus jeune. Il voulait être professionnel. Il a eu pas mal de blessures, il a connu aussi une carrière assez atypique. Il s'est développé sur le tard. Maintenant, on se connaît très bien. On est très bons potes. En plus, il est au centre d'entraînement depuis longtemps à Montpellier. Je dirais que c'était la suite logique un peu. Il est jeune, il n'a pas joué tant que ça chez les professionnels. Donc, c'est vrai, comparé à Greg ou à moi, qui sommes un peu plus vieux, qui avons joué depuis plus de 15 ans en "pro", c'est cool aussi.
FF : Sur le plan individuel, quelles sont vos attentes ? Les Frances en ligne de mire ?
AH : Oui, forcément. C'est toujours un objectif, les Championnats de France individuels. C'est devenu aussi une très grosse compétition en termes de niveau. C'est une belle compétition à jouer. Donc, ça fait toujours partie du calendrier. Après, j'essaie de me fixer des objectifs aussi. Je ne regarde pas trop les résultats pour autant, vraiment. Je pense que c'est le contenu de ce que je fais en match qui est important dans le développement. L'année dernière, par exemple, on a essayé de mettre des choses en place avec Vincent (Avril, l'entraîneur de l'ANM) et tout pour prendre plus de risques, être plus dangereux sur des joueurs du top 20, etc. Je pense qu'on n'a pas réussi à trouver l'équilibre là-dedans. Je sentais que j'avais progressé dans le domaine, mais réussir à l'implémenter en match au moment crucial… c'est quelque chose qui prend du temps et qui n'est pas simple aussi. J'aimerais poursuivre ça pour aller au bout d'un processus, parce que je pense que techniquement et tactiquement, j'ai des solutions pour faire évoluer mon jeu. De concrétiser ça en termes de résultat sportif à la table.
FF : On a l'impression que vous vivez une seconde jeunesse avec Montpellier...
AH : C'est sûr. J'ai joué 7 ans à Caen, ça se passait très bien et j'avais un cadre là-bas qui était top. J'ai toujours progressé à Caen, j'ai fait des belles saisons. Le seul club pour lequel j'aurais pu bouger, c'était l'Alliance Nîmes Montpellier. Ça s'est fait. Il y avait tous les critères réunis pour que ce soit l'osmose. S'entraîner avec des mecs qui jouent dans le top 10, top 5 mondial, top 2 maintenant, ça te fait progresser. Et oui, forcément, ça me donne les crocs, même en étant plus vieux. Tu as aussi envie de les battre même si t'es plus vieux. Il y a une sacrée dynamique dans le centre et avec les gars. C'est ce qu'eux, par leur niveau, ils amènent. Je pense aussi que par mon expérience, je leur amène cette maturité qu'ils n'ont pas forcément. Sportivement, jouer dans une équipe avec des mecs qui font partie du top 5 ou du top 10 mondial, c'est quand même autre chose. Les perspectives d'équipe, puisque je ne joue plus qu'en club, ne sont pas les mêmes. C'est aussi ça le challenge pour lequel j'ai signé à l'Alliance et dont on avait parlé, c'était d'être champion de France, d'être champion d'Europe. Ça reste toujours l'objectif aujourd'hui. J'ai 32 ans, il y a beaucoup d'idées préconçues, comme quoi il faut être très fort jeune, etc. Et qu'en gros, si tu n'es pas très fort jeune, tu ne seras pas forcément très bon plus tard. Pour les Asiatiques, oui, souvent ils sont très bons jeunes, mais pour les Européens, souvent, ça arrive plus tard. Et tu as des joueurs qui arrivent à jouer leur meilleur ping à une trentaine d'années. Je suis dans cette optique-là. Physiquement, je me sens bien, je peux encore beaucoup évoluer. Et j'ai la chance de pouvoir aussi jouer avec des joueurs forts. C'est génial.

FF : Vous ne voulez donc pas forcément vous projeter trop loin ? Juste profiter de ce qui vous arrive ?
AH : Tant qu'il y a l'envie… Je pense que je suis passionné, j'adore ça. Et le jour où je l'aurai plus, ce sera une autre question, mais je pense que j'aurai du mal à perdre cette flamme quand même. Parce que j'aime vraiment le ping. Ça fait 2-3 ans qu'on joue dans des salles de 5 000 personnes, 3 000 personnes. Ce n'était pas comme ça avant. Surtout pour de la Pro A. Ça a complètement changé de dimension. La motivation est là.
FF : Cela signifie qu'Antoine Hachard va jouer encore longtemps ? Même à un niveau inférieur ?
AH : Je continuerai de jouer, c'est sûr. Je pense que même pour la santé physique, mentale, de jouer, de faire du sport, c'est exceptionnel. On a cette chance-là de pouvoir en vivre. Tant que je pourrai le faire, je le ferai.
FF : Si l’on revient un peu en arrière, où avez-vous été formé ? Avez-vous suivi un parcours classique ? Comment résumeriez-vous votre carrière ?
AH : Un parcours traditionnel au départ, parce que j'ai suivi le cursus club. J'ai eu la chance de rencontrer un premier coach qui m'a donné la passion. J'avais mon frère aussi qui jouait, c'est pour ça que je me suis mis à en faire dans un club. Ensuite, j'ai fait le pôle espoir Île-de-France, puis le pôle France à Nantes et enfin le pôle France à l'INSEP. Après, je suis parti douze ans à l'étranger quasiment. Enfin, entre la France et l'étranger, notamment au Danemark. Je pense que c'est plus un chemin atypique après que j'ai mené parce que j'étais hors structure. La politique a changé, mais à l'époque, nous n'étions pas du tout soutenus quand on partait à l'étranger, que ce soit financièrement, structurellement.
J'ai appris par moi-même beaucoup de choses. J'ai dû aussi avoir mon caractère, puisque si tu n'en avais pas, tu te faisais écraser. Je pense qu'il n'y a pas de chemin tout tracé. Évidemment, aujourd'hui, on a la chance en France d'être dans un pays développé. Il y a plein de choses qui ont été mises en place qui tirent vers le haut niveau. Maintenant, il y a des joueurs de club… Je prends l'exemple d'Estéban (Dorr), qui n'a pas forcément été en structure. Ils ont fait médaille aux Championnats du monde (en double avec Florian Bourrassaud, ndlr), alors que personne n'aurait mis une pièce sur eux... C'est la preuve que les clubs peuvent accompagner des joueurs jusqu'à ce niveau-là. Il y a eu Simon Gauzy, aussi, qui était de ma génération, qui a suivi un chemin traditionnel et qui est parti à l'étranger, en Allemagne, ça lui a aussi très bien réussi. Je pense que partir à l'étranger, d'une certaine manière, c'est un truc que je conseillerais à quelqu'un. Qu'importe le temps, c'est pour apprendre la vie, apprendre sur soi. Maintenant, mon parcours de club n'est pas terminé, alors que la période du Covid m'a fait mal. C'était le moment où je tentais de m'accrocher à l'équipe de France. Mais tu ne pouvais pas jouer, il y a eu la restructuration du circuit international, avec la WTT,qui faisait que tu ne pouvais pas t'inscrire aux compétitions. Il n'y avait pas d'argent à gagner, tu n'étais pas soutenu financièrement, donc c'est toi qui payais de ta poche… Ça faisait déjà 7, 8, 10 ans que je faisais ça. Au bout d'un moment, tu te dis qu'il faut vivre. Tu réfléchis aussi à tes priorités. J'ai été un peu contraint. J'aurais préféré que ça ne se passe pas comme ça. Après, je ne regrette pas du tout mes choix d'être parti à l'étranger. C'était exceptionnel. J'ai rencontré plein de gens, de coachs qui m'ont appris énormément de choses que je n'aurais pas eues à l'époque forcément, en France, à ce moment-là. J'invite n'importe quel joueur à partir, du moment où tu crois en toi, que tu es motivé et que tu as la dalle. Il ne faut pas se mettre de limites. Il faut bien s'entourer. C'est super important d'avoir un coach en qui t'as confiance et de développer cette relation. Ce n'est pas forcément qu'un coach. Il faut aussi un préparateur mental, une équipe, un préparateur physique, etc. Il faut avoir des gens de confiance autour de soi. Il n'y a pas de lieu parfait. La preuve, Alexis et Félix viennent d'un club qui n'avait pas forcément beaucoup de moyens à l'époque. Ils sont devenus les meilleurs joueurs au monde. Ils sont super jeunes. C'est incroyable. Il faut croire en soi et croire en sa petite étoile, s'entourer et surtout avoir beaucoup de passion pour jouer.
FF : Pour ceux qui ne vous connaissent pas parfaitement, quel est le plus beau souvenir que vous avez envie de raconter ? Quelque chose que vous n’avez peut-être pas eu l’occasion de dire...
AH : Quand je pars de l'INSEP, ça ne se passe pas très bien, je décide de faire le choix d'aller au Danemark où je rencontre un super coach chinois avec qui je m'entends bien. Pendant six mois, ce sont de nouveaux entraînements, très durs, vraiment différents. Deux à trois entraînements par jour, beaucoup de paniers, beaucoup de technique, beaucoup de coups droits, mais une grosse réflexion sur le ping. Je vivais dans une maison avec douze joueurs et on était tous ensemble. Pendant six mois, je ne mets pas une balle en match sur le circuit international, alors que je jouais bien. J'ai la sensation que je ne progresse pas particulièrement, en tout cas dans les résultats à ce moment-là. Mais je me souviens du coach qui me dit : 'Tu vas voir, laisse-toi neuf mois, un an, c'est nouveau pour toi'. Tu acceptes, ce n'est pas facile, mais tu mets de nouvelles choses en place, c'est plus agressif. J'ai un match clé derrière, je crois que ça doit être en 2015 ou 2016. À ce moment-là, il y a deux tournois principaux, un en Croatie et un tournoi au Japon un peu avant. En Croatie, je gagne quatre belles d'affilée et j'ai l'impression que toutes les pièces du puzzle commencent à se mettre en place dans mon jeu, dans ma manière de me comporter à la table, etc. C'était ma première réussite après être sorti de la structure en France. Je montais, j'étais rentré dans le top 100 mondial, donc un peu le premier accomplissement d'avoir tracé sa route, en termes de résultats, avec son lot de doutes où tu ne joues pas bien. Mais, finalement, à force de persévérance, de travail, de confiance en soi et de relations avec son coach, tu as les résultats.

FF : C'est un point de départ...
AH : Oui. J'ai une seconde anecdote, quand j'ai été vice-champion de France en 2019. J'étais pourtant monté quelques années auparavant au classement mondial, j'avais été en équipe de France et puis là je jouais toujours bien en pro mais à l'international je jouais un peu moins bien et puis je m'étais blessé… Finalement, je deviens vice-champion de France. Je n'avais pas gagné contre Can (Akkuzu) mais c'était un peu inattendu aussi. C'était aussi une petite renaissance parce que je revenais de loin, je m'étais entraîné pendant un mois avant les France, j'avais zéro attente, puis finalement j'ai joué mon meilleur ping, j'avais battu Simon (Gauzy).
FF : Puis avec Montpellier, vous avez vécu d'autres choses extraordinaires depuis deux ans...
AH : Oui, il y en a plein, mais aussi durant toutes mes années à Caen.
FF : Depuis maintenant sept ans, vous dirigez une entreprise, avec d’autres pongistes notamment, pourquoi un tel engagement ?
AH : Au début, on parlait d'un projet pour révolutionner un peu le ping. On avait un peu cette idée utopique d'amener une nouvelle image. C'étaient les premières discussions entre nous. Le projet a démarré entre 2019 et 2020 avec la première collection Ping Pang Paris. Où on en est aujourd'hui n'est pas du tout la même chose. Mais tout cela a été un choix naturel, on est passionné par le ping et on voulait changer un peu l'image de ce sport en profondeur. Le changement doit aussi venir de nous. On s'est dit qu'il y avait vraiment quelque chose à faire. Au début c'était une première collection textile, puis un site internet, mais on n'avait pas de lieu. On avait cette idée d'avoir un lieu
physique où on pouvait montrer le ping sous une nouvelle image plus classe, plus accueillante, avec plus de technologie : montrer une image cool, sympa du ping. L'idée était d'attirer le grand public, de nouveaux publics, dont celui féminin, qui n'est pas suffisamment représenté. On a dû investir notre argent personnel et on a réussi à avoir des investisseurs qui nous ont permis d'ouvrir le premier lieu où on est, là, aujourd'hui. C'est la passion qui nous a guidés au début. Personnellement, je n'avais pas prévu une évolution si rapide. Pour moi c'était un projet entre copains à côté et puis en fait, c'est une boîte de 20 personnes maintenant. Ce n'est plus du tout la même chose, il y a la marque Ping Pang Performance. Et je pense que ce n'est que le début. Ce n'est plus du tout la même chose qu'à l'époque en termes de temps et d'investissement aussi. Après, c'est à moi de m'organiser, car ça m'intéresse énormément. Mon ping reste évidemment la priorité toujours aujourd'hui et je trouve un certain équilibre. Pendant des périodes doù ça allait moins bien au ping, j'étais vraiment aussi content d'avoir Ping Pang Paris, parce que ça me permettait d'être moins impacté par les victoires et les défaites. Le sport de haut niveau, il y a de belles choses, mais il y a aussi beaucoup de moments compliqués. On te juge uniquement sur tes victoires et tes défaites. Il n'y a qu'un vainqueur à la fin de chaque compétition, donc il y a toujours 99 % de personnes qui ont perdu.
FF : Comment parvenir à jongler entre deux activités alors que vous êtes finalement des deux côtés de la barrière ?
AH : Il y a un truc qui me vient en tête qui me semble important de dire. C'est sur les idées préconçues que nous recevons quand nous sommes jeunes. On nous a tous dit qu'il faut s'entraîner énormément dans le ping, c'est une vérité. Il faut s'y consacrer à 1500 %. Cependant on nous a mis aussi dans la tête qu'avoir quelque chose à côté, cela signifiait que tu n'étais pas impliqué dans ton ping. Pas forcément monter une boîte, mais avoir d'autres passions ou d'autres choses qui t'intéressent à étudier. Et, je me suis rendu compte en grandissant que c'était pas vrai du tout. C'est valable pour certains, mais pas pour tout le monde donc il faut faire sa propre expérience. Récemment, Léon Marchand est un bon exemple avec sa vie aux États-Unis. Le mec a quatre médailles d'or aux JO en or et il fait ses études aux Etats-Unis en parallèle, alors évidemment il a des horaires aménagés , il a de l'argent, mais il fait quand même un double projet et il s'entraîne six heures par jour en natation...
Mais du coup, je suis cofondateur avec Quentin Robinot, Caroline Huang, notamment. De mon côté, je m'occupe de la partie sportive, c'est-à-dire toutes les relations avec les marques, les partenariats avec les clubs, le développement de l'équipe sportive. Il y a évidemment tous les coachings ici (à Ping Pang Paris). Au départ, Quentin et moi avons recruté tous les coachs, donc on a un œil là-dessus. Et après, on a un œil global sur la boîte avec les recrutements, même si c'est plus Caroline ou Quentin qui s'en occupent. Je touche un peu à tout parce qu'il y a énormément de choses à faire aujourd'hui. J'essaye de m'organiser simplement avec une routine pour être performant dans les deux domaines. Je me lève tôt le matin, je bosse en général environ une heure parce que c'est là où je suis le plus frais. Je m'occupe des tâches les plus importantes et après je pars à l'entraînement, avec une séance de physique ensuite. Parfois, je travaille le midi, entre deux entraînements. Il y a des périodes plus ou moins denses. C'est en constante évolution donc mon planning est chargé mais j'arrive à trouver un bon équilibre. Après, c'est à moi de mettre les curseurs là où il faut. Parfois, tu vas peut-être faire des erreurs parce qu'il y en a un peu trop, mais tu apprends. Les deux sont compatibles. Mais, il n'y a que 24 heures dans une journée, il faut l'accepter (rires).
FF : Que pouvons-nous vous souhaiter ?
AH : Le plus important est de continuer d'être épanoui dans mon quotidien. On a une super équipe, on va jouer des supers trucs. Je vais avoir aussi une expérience aux États-Unis qui est un peu hors circuit mais qui est cool pour moi. On a une super équipe à l'Alliance aujourd'hui. Dans deux ans, il y aura la nouvelle salle à Montpellier, qui donne une belle perspective. Sportivement, j'espère passer un cap. En 2024-2025, j'avais fait ma meilleure saison en Pro A, donc je me dis pourquoi pas refaire la même chose. Revivre ces émotions a quand même une intensité et un goût particulier. C'est ce que tu recherches quand tu es sportif. Avec Ping Pang, on va continuer à se développer. On a un deuxième lieu, j'espère, qui ouvrira courant 2027. Et puis la collection surtout, Ping Pang Performance, on a des super retours. Elle va être ouverte au grand public d'ici courant octobre, c'est le grand lancement de l'année. On a bossé là-dessus depuis plus d'un an et demi, donc j'espère qu'elle va plaire à tout le monde !
