Ces soupçons, révélées par la presse allemande, reposent sur une théorie selon laquelle des sauteurs à ski auraient recours à des injections d'acide hyaluronique pour épaissir leur entrejambe et ainsi modifier l'amplitude de leur combinaison. Ce procédé permettrait aux voltigeurs d'obtenir une plus large surface en l'air pour voler plus longtemps, et donc atterrir plus loin.
"Je ne connais pas les détails du saut à ski - ni en quoi cela peut améliorer la performance - mais si quoi que ce soit venait à apparaître, nous examinerions toute information si elle est effectivement liée au dopage", a assuré Olivier Niggli, directeur général de l'Agende mondiale antidopage (AMA).
Cité en janvier dans le quotidien allemand Bild, Kamran Karim, médecin à l'hôpital Maria-Hilf de Krefeld, près de Düsseldorf, avait déclaré qu'il était possible de créer un "épaississement temporaire et visible du pénis grâce à des injections de paraffine ou d'acide hyaluronique". Cette pratique, ajoutait-il, comporte "des risques".
Les combinaisons de saut à ski, très réglementées, peuvent donner lieu à des sanctions en cas de modifications. En janvier toujours, trois membres de l'encadrement de l'équipe norvégienne de saut à ski ont été suspendus pour 18 mois par la Commission d'éthique de la Fédération internationale de ski (FIS) pour des accusations de manipulation de combinaison lors des Championnats du monde de ski nordique à Trondheim en 2025.
L'affaire avait éclaté quand deux sauteurs norvégiens, Marius Lindvik - qui défend son titre en grand tremplin aux JO-2026 - et Johann Andre Forfang, avaient été disqualifiés à la suite du contrôle de leur tenue.
Ils avaient par la suite été suspendus trois mois par la FIS. A la suite de cette affaire, la Fédération norvégienne avait admis que les combinaisons avaient bel et bien été modifiées volontairement, mais que les deux sauteurs n'étaient pas responsables de cette tricherie
