Pogacar et Seixas se préparent depuis la Sierra Nevada à un mois du Tour de France

Pogacar vise un cinquième succès sur le Tour de France.
Pogacar vise un cinquième succès sur le Tour de France.TIL BUERGY/AFP

À un mois du départ du Tour de France, le 4 juillet à Barcelone, les favoris s’efforcent de s’éviter, à commencer par Tadej Pogacar (27 ans) et Jonas Vingegaard (29 ans), vainqueurs des six dernières éditions (quatre et deux, respectivement), qui ne se sont retrouvés qu’une seule fois depuis la Grande Boucle 2025.

Si les duels entre les meilleurs sont le sel de chaque sport, le cyclisme occupe toujours une place à part avec un calendrier de courses très chargé qui offre de multiples possibilités de se croiser ou de s’éviter.

Pogacar et Vingegaard ne se sont retrouvés au départ d’une course qu’une seule fois depuis le dernier Tour, lors des Championnats d’Europe en octobre.

Et ce fut très bref, puisque le Danois a rapidement abandonné alors que le Slovène filait vers le titre.

Beaucoup regrettent ce manque d’affrontements directs et estiment que cela constitue l’un des principaux freins au développement du cyclisme.

Cette année, la tendance est particulièrement marquée, puisque tous les principaux favoris du Tour de France (4-26 juillet) ont adopté une préparation différente en vue de la seule épreuve capable de les réunir.

En mai, Vingegaard a été la seule grande figure à participer au Giro, qu’il a remporté avec une supériorité écrasante dimanche.

Après quelques jours de repos chez lui, le Danois, qui n’a plus aucune course à son programme, rejoindra Tignes, dans les Alpes françaises, pour terminer sa préparation.

"Je suis convaincu que c’est la meilleure préparation pour le Tour et que j’arriverai encore plus fort", a-t-il insisté.

Pogacar et Seixas à la Sierra Nevada

Son grand rival, Pogacar, après une campagne de classiques exceptionnelle – quatre victoires et une deuxième place sur Paris-Roubaix en cinq courses –, ainsi qu’un Tour de Romandie remporté facilement, peaufinera les derniers détails au Tour de Suisse (17-21 juin), où il participera pour la première fois.

Ces dernières semaines, le Slovène, entre deux reconnaissances d’étapes du Tour dans les Vosges et en Haute-Savoie, a passé la majeure partie de son temps à s’entraîner en altitude à la Sierra Nevada, dans le sud de l’Espagne.

Sous le soleil andalou, il a pu croiser Paul Seixas qui, après sa deuxième place sur Liège-Bastogne-Liège le 26 avril, s’est offert un stage de 16 jours en Espagne.

Le prodige français de 19 ans y a avalé pratiquement l’équivalent du dénivelé total du Tour de France, avant d’enchaîner avec la reconnaissance des étapes pyrénéennes.

À partir de dimanche, il sera le favori du Tour Auvergne-Rhône-Alpes (ancien Dauphiné), où le niveau sera relevé avec la présence du Mexicain Isaac Del Toro, précieux lieutenant de Pogacar pour le Tour ; Joao Almeida, autre leader de l’UAE ; et Juan Ayuso, de retour après ses abandons sur Paris-Nice et le Tour du Pays basque.

Evenepoel, 68 jours sans compétition

Mais pas Remco Evenepoel, qui était prévu au départ avant de changer de stratégie et de choisir de ne disputer aucune course entre sa troisième place sur Liège-Bastogne-Liège fin avril et le départ du Tour de France le 4 juillet à Barcelone, soit 68 jours sans dossard.

"Dans une course comme le Dauphiné, on ne sait jamais comment les choses vont se passer : si ça va rouler très vite ou plus calmement. Nous voulons garder le contrôle de la charge, du stimulus, de la progression et du processus. Nous voulons préparer Remco au millimètre pour le Tour", a expliqué Patxi Vila, son directeur sportif chez Red Bull Bora, au quotidien belge La Dernière Heure.

Comme Tadej et Paul, le troisième du Tour 2024 a mis le cap sur la Sierra Nevada pour alterner longues sorties, efforts plus explosifs et séances sur son vélo de contre-la-montre en compagnie de Florian Lipowitz, appelé à être son co-leader en juillet.

En juin, l’Allemand participera aussi de son côté à la modeste Vuelta a Eslovenia (17-21 juin).

"Il y aura moins d’attentes et moins de stress", souligne Lipowitz, qui complétera sa préparation par un stage en altitude dans la station autrichienne de Kühtai avec sa compagne, la spécialiste de VTT Antonia Weeger.