Carlos Alcaraz remporte son premier Open d'Australie face à Novak Djokovic

Carlos Alcaraz s'impose à Melbourne
Carlos Alcaraz s'impose à MelbourneDARRIAN TRAYNOR / GETTY IMAGES ASIAPAC / GETTY IMAGES VIA AFP

Malgré la perte du premier set, il n'a fallu que 3 heures à Carlos Alcaraz pour battre Novak Djokovic en finale de l'Open d'Australie (2-6, 6-2, 6-3, 7-5). L'Espagnol (22 ans) devient le plus jeune joueur de l'Histoire à avoir remporté tous les tournois du Grand Chelem.

Un koala ? Un kangourou ? Peut-être un wallaby ? Quel tatouage choisira Carlos Alcaraz pour immortaliser sa conquête de l'Open d'Australie, le seul Grand Chelem qui manquait à sa collection ? Au terme d'une finale historique par l'affiche proposée mais qui ne restera pas comme un sommet de jeu malgré quelques points dantesques ou un blockbuster scénaristique, le numéro 1 mondial s'est adjugé le 7e Majeur de sa carrière, rejoignant à seulement 22 ans John Newcombe (à cheval entre la fin de l'ère amateur et le début de l'ère Open), John McEnroe et Mats Wilander. En lice pour remporter un 25e Grand Chelem qui l'aurait mis seul au sommet de la hiérarchie hommes et femmes confondus, Novak Djokovic aura-t-il une nouvelle chance d'atteindre le dernier objectif de sa carrière ? 

Djokovic en son domaine

Si Djokovic avait dû donner son code postal pendant le premier set, il aurait donné l'adresse du nuage sur lequel il flottait. Break pour mener 3-1, break pour remporter la manche 6-2 en guère plus d'une demi-heure : le Serbe donnait la leçon à Alcaraz, en grande difficulté face à l'engagement et la variété du jeu de son rival (6-2). 

Les 16 ans d'écart semblaient inversés. "Nole" performait au service (78% en première mais surtout 93% de points convertis derrière) et au retour, d'autant que "Carlitos" se montrait friable sur sa deuxième (un seul point remporté sur 8). 

Étaient-ce les stigmates de sa demi-finale asphyxiante contre Alexander Zverev ? La nervosité ? La pression inhérente liée à cette première finale à Melbourne ? Quoi qu'il en soit, le Murcien était dans la même dynamique que lors des trois derniers sets du 1/4 de finale de l'année dernière. 

Alcaraz met les gaz

Sous les yeux de Rafael Nadal, Alcaraz est pleinement entré dans sa finale en début de deuxième set. Il a breaké Djokovic pour la première fois et confirmé, non sans avoir sauvé une balle de débreak (3-1). L'Espagnol était encore en dents de scie, capable de faisander un retour au milieu du filet comme de claquer un revers long de ligne gagnant deux points plus tard. Mais c'était pour l'heure suffisant pour breaker une deuxième fois et conclure dans la foulée (6-2).

Djokovic était-il dans la gestion de ses capacités après son bras de fer contre Jannik Sinner ? Il a déjà dû s'employer sur sa première mise en jeu après avoir été mené 0-30 et poussés aux avantages. 

À 2-1 en sa faveur, le Serbe a grimacé après qu'Alcaraz a réussi un contre quasi-miraculeux après un coup droit qui a contourné le filet.

Le break du numéro 1 mondial n'était qu'une question de temps et il est arrivé dès 2-2. À 5-3, Djokovic a de nouveau flanché et été mené 0-40... avant de recoller à 40-A, mais Alcaraz n'a pas lâché sa proie et a provoqué une énorme faute directe en revers du Serbe pour valider le gain du troisième set (6-3). 

7 à la maison

En position de force, le Murcien a continué de mettre la pression en retour. Proche du break à 1-0 pendant qu'il validait ses jeux de service sans forcer, il avait pour objectif d'expédier les affaires courantes pour se concentrer sur l'engagement adverse et, si possible, éviter un tie-break. À 4-3, cette forme d'urgence s'est ressentie, accélérée par une amortie loupée de Djokovic, ensuite mené 0-30. Le Djoker s'est appuyé sur sa première pour sauver la mise. Et un peu comme face à Sinner, le Serbe s'est offert une balle de break à 4-4 30-40, la première depuis 2-2 dans le deuxième set. Las, il a commis une faute directe évitable, d'autant qu'Alcaraz servait une deuxième balle. 

Une opportunité envolée qui a permis à l'Espagnol de conserver sa mise en jeu, notamment avec un coup droit croisé dans une zone improbable. S'il s'en est sorti avec brio à 5-4 pour prolonger la rencontre, Djokovic s'est retrouvé à 6-5 15-40. Après une attaque de coup droit trop longue de son adversaire, Alcaraz a pu s'allonger sur le court, bientôt félicité par le Serbe qui venait de perdre la seule de ses 11 finales à Melbourne (2-6, 6-2, 6-3, 7-5). 

Sans son mentor Juan Carlos Ferrero, le Murcien a répondu aux doutes, voire aux critiques reçues après sa séparation. À présent qu'il a remporté au moins un exemplaire de chaque Majeur, Alcaraz peut s'atteler au rêve inassouvi de Djokovic : le Grand Chelem calendaire réalisé uniquement par Rod Laver en 1969.