À 19 ans, le fulgurant meneur français Nolan Traoré perce en NBA

Nolan Traoré avec Brooklyn.
Nolan Traoré avec Brooklyn.SARAH STIER/GETTY IMAGES VIA AFP

Installé dans le cinq majeur des Brooklyn Nets depuis fin janvier, le meneur français Nolan Traoré fait son trou en NBA, à 19 ans seulement, porté par une vision du jeu et une capacité d'accélération au-dessus de la moyenne.

Il s'est déjà joué de plusieurs défenseurs d'élite, notamment Stephon Castle (Spurs), Dyson Daniels (Hawks) ou Cason Wallace (Thunder), qui l'ont tous, à un moment ou un autre, regardé filer vers le panier balle en main.

"Qui que ce soit face à lui, cela n'a pas d'importance", observe, admiratif, Victor Wembanyama, son compatriote des San Antonio Spurs. "Il a des tripes et je pense que c'est quelqu'un qui va progresser de façon incroyable au cours de sa carrière."

Choisi en 19ᵉ position de la dernière draft, le prodige du Val-de-Marne a dû faire ses gammes quelques semaines dans la ligue de développement de la NBA, la G League, avant d'être pleinement intégré à la rotation des Nets, fin décembre.

"Au bout de quelques matches, ça allait mieux", raconte-t-il à l'AFP. "C'est plus la dimension athlétique et le physique qui sont durs que la vitesse."

Depuis plus d'un mois, le dossard 88 a même systématiquement été titulaire et tourne, sur cette période, à 12,1 points de moyenne, 4,9 passes décisives et 43,6 % aux tirs.

"Beaucoup de jeunes"

"Il est super agressif" en attaque, observait récemment Jason Kidd, entraîneur des Dallas Mavericks et meneur de légende, avant d'affronter les Nets. "Il est en train de comprendre le tempo, comment trouver ses coéquipiers."

"C'est un poste difficile pour tout rookie (joueur de première année)", poursuit l'ancien joueur dix fois sélectionné au All-Star Game. "Vous êtes responsable de beaucoup d'aspects" du jeu d'attaque et "c'est par la capacité de mise en place qu'on se distingue".

Tony Parker mis à part, aucun meneur français n'a encore réussi à durer en NBA, et rares sont les joueurs européens à avoir imprimé leur marque à ce poste.

"Les meneurs américains sont souvent des gens qui vont vite, qui franchissent beaucoup", situe Traoré. "Moi, je suis un peu aussi comme ça, donc c'est pour ça que ce n'est pas forcément dur de s'adapter."

Le natif de Créteil dont le frère, Armel, a joué quelques matches avec les Lakers la saison dernière, ne veut pas se cacher derrière son jeune âge et son inexpérience à ce niveau. "Il y a beaucoup de jeunes dans l'équipe", souligne-t-il, "donc tu n'as pas d'excuse".

En pleine reconstruction, Brooklyn a fait le choix de donner un temps de jeu significatif à cinq rookies cette saison, une rareté. Faute d'un nombre suffisant de cadres en attaque et d'une défense trop souvent poreuse, les Nets se traînent au fond du classement de la Conférence Est.

"Il est extrêmement important de continuer à se battre pour gagner", exhorte l'entraîneur de Brooklyn, l'Espagnol Jordi Fernandez, "rester dans le coup et sentir que vous vous développez. (...) Les choses ne vont pas se faire en un claquement de doigts. Ça va être un processus".

Percer les défenses

Nolan Traoré, lui, voit surtout les opportunités que lui offre une saison où la jeunesse est à l'honneur. "Plus tu joues, plus tu rencontres des situations", dit-il. "Je veux juste vivre le moment, kiffer."

Avec son explosivité, il est l'un des rares joueurs de l'effectif à pouvoir débloquer des situations en attaque, sa lecture de jeu lui permettant d'intervenir à bon escient, même s'il perd encore beaucoup de ballons (trois par match depuis qu'il est titulaire).

"Ses pénétrations, sa vitesse, sa capacité à percer une défense, tout cela est bénéfique pour le groupe", relève le Russe Egor Demin, rookie souvent associé à Traoré à l'arrière.

De plus en plus visible après un début de saison anonyme, l'ancien joueur de Saint-Quentin se pose ostensiblement en candidat pour les prochaines rencontres de l'équipe de France, début juillet, lui qui a déjà revêtu deux fois le maillot tricolore en novembre 2024.

"Il n'y a pas de limite pour ce garçon", estime son entraîneur. "Il faudrait qu'il ait sa chance" en équipe de France, "parce que je sais que sa fédération et son pays sont très importants pour lui".