C'était la sensation de la saison dernière en Euroleague. Pour sa toute première apparition dans la compétition, le Paris Basket avait réalisé un exercice de toute beauté. Une série mirifique de 10 victoires d'affilée au cœur de l'automne, une place pour un match de play-in gagné chez le Real Madrid, et une défaite avec les honneurs en quart de finale contre le futur champion d'Europe, le Fenerbahçe.
Une saison incroyable qui allait être conclue par un titre de champion de France. Pour un club sorti de terre en 2018, le succès était stupéfiant. Avec un T.J Shorts double MVP de Betclic Élite et élu dans le premier cinq de l'Euroleague, et un Nadir Hifi meilleur jeune de la compétition, ainsi que pléthore de role players de qualité, c'était une véritable tornade.
Un an plus tard, la majorité des cadres est partie, les remplaçants ne sont pas du même calibre, et le Paris Basket est 18e de l'Euroleague. Décevant, alors que NBA Europe pointe le bout de son nez et que l'avenir est incertain pour la compétition reine du basket européen. Mais pour le club en lui-même, difficile de croire en un retour à un tel niveau.
Paris a des soucis
Un tel succès, des résultats, des titres : dans beaucoup de clubs, cela suffit à conserver ses meilleurs éléments. Pas au Paris Basket, qui a perdu à l'intersaison la quasi-totalité de l'effectif qui l'avait consacré Roi de France. T.J Shorts en tête, parti cirer le banc du Panathinaïkos. Seul Nadir Hifi est resté, et fait toujours partie des meilleurs marqueurs de l'Euroleague à l'instant T, mais un joueur ne fait pas une équipe.
Sportivement, avec sept victoires de retard sur la zone du play-in, l'objectif postseason est déjà quasiment enterré. L'attaque ultrarapide qui faisait sa force l'an dernier a perdu de sa superbe. Mais c'est surtout de l'autre côté du terrain que le bât blesse : Paris est tout simplement la plus mauvaise défense d'Euroleague. Avec en prime, le record de points encaissés dans un match sans prolongation.
Les recrues ne sont pas au niveau espéré, notamment Lamar Stevens, ancien NBAer. Pourtant, les dirigeants ont mis les moyens : la masse salariale a augmenté de 42% depuis la saison dernière ! Un joli gâchis qui commence peut-être à déteindre sur le plan national, même si Paris a une certaine marge en Betclic Élite.
Mais un club qui s'est bâti si rapidement peut clairement s'écrouler aussi vite. Consolider un aussi beau démarrage n'est pas chose aisée. Mais l'occasion arrive avec la NBA Europe, nouvelle ligue censée révolutionner le basket continental, à l'horizon 2027. Sauf que, et cela a encore été confirmé par Adam Silver lui-même en conférence de presse à l'occasion des matchs à Berlin et Londres : c'est le Paris Saint-Germain qui a la préférence de la NBA, pour la "marque" PSG.
Sauf que le PSG n'a pas d'équipe de basket : le Paris Basket entend profiter de la situation et aurait même, selon L'Équipe, entamé un rapprochement avec… le Paris FC, nouveau riche de Ligue 1 détenu par la famille Arnault. Ce qui voudrait dire qu'il est intéressé par le projet, dont le ticket d'entrée est estimé à 500 millions $. Mais difficile d'attirer quand, sportivement, les résultats viennent à manquer.
Il faudrait relancer l'intérêt en frappant un grand coup. Cela tombe bien, ce mardi soir, le Paris Basket reçoit le Real Madrid, géant européen qui ne cache clairement plus son envie de rejoindre la NBA Europe. Et qui siège actuellement à la troisième place de l'Euroleague. Une victoire serait donc du plus bel effet pour envoyer un message au moment où la NBA Europe est sur toutes les lèvres.
La finalité pourrait être la suivante : le PSG rachète la licence d'un club de basket - feu les Metropolitans sont souvent évoqués dans ce cas - et rejoint la NBA Europe, le Paris Basket s'associe avec le Paris FC, se structure financièrement et institutionnellement, reçoit en cadeau une licence permanente en Euroleague, et les deux équipes cohabitent dans la capitale. Tout le monde serait content, l'offre basket serait magnifique pour les fans. Pour un club qui a grandi très (trop ?) vite, ce serait un joli dénouement. Suffisamment crédible ?
