C'était il n'y a pas si longtemps, le 15 janvier très exactement. Monaco venait de battre le Paris Basket en Euroleague, décrochant une sixième victoire d'affilée dans la compétition, et était solidement installé à la deuxième place de la saison régulière. Les voyants étaient au vert : finaliste en titre, la Roca Team affirmait ses ambitions quant à la quête du Graal.
Moins de deux mois plus tard, c'est la débandade : six défaites sur les sept derniers matchs en Euroleague, et Monaco a glissé jusqu'à la neuvième place. Avec en prime un spectacle dont tout club se passerait, via des difficultés financières et des menaces de grève des joueurs. Avant de se déplacer au Fenerbahçe pour lancer la fin de saison, les Monégasques semblent clairement au bord du gouffre.
La crise est sportive...
Sportivement, Monaco est toujours qualifié en Coupe de France et largement en tête de la BetClic Élite, n'y ayant perdu que deux matchs cette saison. Mais avec plus de 38 millions d'euros de budget là où seuls l'ASVEL et Paris dépassent les 10 millions parmi la concurrence, cela semble clairement le service minimum.
Non, là où la Roca Team est clairement attendue, c'est en Euroleague. Troisième en 2023, à un match du Final Four en 2024, et surtout finaliste en 2025, après une belle saison, un quart homérique face à Barcelone, une victoire incroyable en demi-finale contre l'Olympiakos avant de chuter 81-70 en finale contre… le Fenerbahçe.
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À l'aube d'une nouvelle revanche (après une défaite 86-92 à l'aller), la forme en Euroleague est donc inexistante. Après avoir mis fin à une série de 5 défaites d'affilée en dominant logiquement Baskonia, Monaco a rechuté lors de la dernière journée en s'inclinant à domicile contre le Maccabi Tel Aviv, pourtant loin de jouer les premiers rôles cette saison.
Un match qui a mis en lumière les défauts évidents de cette équipe sur le terrain. Une adresse affreuse à trois points (7/35) et l'absence des leaders quand ils étaient demandés. Pour preuve, le match de patron de Jaron Blossomgame (25 points), loin d'être le premier à qui on pense quand on évoque l'effectif quatre étoiles de la Roca Team.
En Euroleague, Monaco semble errer comme une âme en peine. Pourtant, les tauliers ne manquent pas. Mais visiblement, des enjeux financiers sont venus parasiter la saison jusqu'alors réussie du club de la Principauté. De là à dire que les joueurs ont lâché volontairement...
... et financière
Le dossier qui a fait le plus parler récemment à Monaco est d'ordre économique. Rappel des faits : début février, après le report d'une audition du club devant la DNCCG, une menace de grève des joueurs était évoquée. En effet, les salaires ne tombaient plus en Principauté, conséquence du fait que le milliardaire russe Alexei Fedorychev, président du club, ait ses avoirs gelés à cause de la situation en Ukraine.
Résultat : les joueurs n'étant plus payés, ils ne voulaient plus jouer. Et l'un d'entre eux, un certain Mike James, s'est donné en spectacle sur les réseaux sociaux, évoquant ces problèmes, insultant des internautes et menaçant de partir.
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La situation a atteint le grotesque quand la Ligue Nationale de Basket elle-même a proposé d'avancer 500 000 € en dépit de toute logique d'équité. Une avance qui n'a finalement pas pu avoir lieu en raison du statut de la LNB. Mais le mal était fait, les autres présidents de BetClic Élite se sont scandalisés, à raison, de cette proposition, jetant le trouble sur la fin de saison du championnat de France. On n'en sait guère plus sur la situation d'un club déjà sommé de payer la Luxury Tax en début de saison, qui a perdu un match sur tapis vert sur le plan national, et dont la situation financière semble clairement difficile, pour ne pas dire plus.
Depuis, les joueurs ont remporté la Leaders Cup, et en conférence de presse d'après-finale, tout le monde évoquait un pacte entre joueurs, une sorte d'union sacrée pour finir la saison le mieux possible avant que l'inéluctable n'arrive : l'explosion de cette équipe.
La victoire ou l'explosion
Il ne peut en être autrement. Mais les joueurs espèrent un happy ending qu'on a du mal à imaginer. Ce fameux pacte a débouché sur la victoire en Leaders Cup, donc, mais dès le match suivant d'Euroleague contre une équipe qui ne fait plus partie du gratin de la compétition, le soufflet est retombé. Ce qui n'est clairement pas de bon augure avant un calendrier démentiel pour conclure la phase régulière.
Déplacement au Fenerbahçe donc, à l'Anadolu, au Panathinaïkos, réception de l'Olympiakos ou de Barcelone : du très lourd au menu, et il faudra sans nul doute en gagner la majorité pour voir la suite. D'autant que Monaco se frottera également à Dubaï ou à Milan, des équipes qui peuvent encore espérer prendre la place de la Roca Team dans le top 10.

Ce déplacement chez le champion d'Europe en titre est sans doute le moment décisif de la saison. Cette saison, Monaco est déjà allé s'imposer chez l'Olympiakos ou à Barcelone : cette équipe est capable de battre n'importe qui, elle l'a assez prouvé depuis cinq ans. La nouveauté, c'est qu'elle est également capable de se faire battre par n'importe qui.
Mais surtout, ce match doit définir les ambitions de Monaco. Le Fener est actuellement leader de l'Euroleague, et c'est le genre d'équipe qu'il faut battre pour atteindre les sommets européens. Une équipe qui avait privé la Roca Team du Final Four en 2024 et donc du titre en 2025 : une bête noire. Qui pourrait bien provoquer l'explosion en vol d'un projet qui semble de toute façon voué à s'écrouler. Mais une victoire pourrait retarder tout cela...
