Les vice-championnes olympiques affronteront dès jeudi (20h30) la Colombie pour faire un grand pas vers le Mondial de Berlin (4-13 septembre), un nouvel adversaire modeste contre qui elles pourront de nouveau roder leurs automatismes.
Enfin quasiment au complet pour la première fois depuis les JO 2024 et réunies seulement depuis dimanche, elles ont logiquement rendu une copie parfois brouillonne (début de seconde période, 15 balles perdues, quelques largesses défensives) sans aucune conséquence sur le score vu la différence de niveau entre les deux équipes.
Et de taille. Seulement 39e mondiales (la France est 3e), les Philippines, composées à une exception de joueuses évoluant au pays, n'en affichaient qu'une seule au-delà d'1,75 m et ont logiquement souffert athlétiquement et dans la raquette.
La France en a profité, dominant outrageusement au rebond (49 à 25) ainsi que dans la raquette (60 points à 24), et servant abondamment le quasi double mètre de Malonga (1,98 m), notamment pour faire la différence dans le premier quart-temps.
La pivot de 20 ans a inscrit 11 des 24 points des Bleues dans cette période initiale (en moins de cinq minutes passées sur le parquet), avant de marquer une nouvelle fois l'histoire du basket féminin français. Après être devenue, en octobre 2024, la première Française à dunker en match officiel chez les professionnelles, la joueuse du Seattle Storm a réalisé le premier dunk de l'histoire de l'équipe de France féminine.
L'ancienne joueuse de l'Asvel (avant d'être choisie en 2e position de la draft WNBA 2025) a fait rugir son ancien public, qui n'attendait que ça, en propulsant le ballon à une main sur une contre-attaque à la 18e minute du match (44-20).
"Quelque chose de naturel"
"C'est symbolique, oui, car c'est l'équipe de France donc c'est encore plus marquant, mais le dunk est vraiment quelque chose qui est devenu naturel, je veux que ce soit normal comme un 'lay up' (double pas). Aujourd'hui, à un contre zéro (sans adversaire), je ne rate plus. Dès que j'aurai l'occasion, je vais le tenter" a déclaré Malonga.
Elle avait justement manqué de peu le même geste avec les Bleues non loin de Villeurbannne, à Décines-Charpieu en juillet 2024 en préparation aux JO contre la Serbie. "Franchement, je n'y ai pas pensé, c'est Christophe (Léonard, l'adjoint, NDLR) qui m'a rappelé après que justement j'avais raté à Lyon. Donc c'est un peu 'full circle' (la boucle est bouclée, NDLR)" a raconté Malonga, arrivée samedi des Etats-Unis après avoir participé à la deuxième édition d'Unrivaled, la ligue de basket 3x3 américaine.
Elle termine au final meilleur marqueuse et joueuse du match (21 pts, 9 rebonds, 2 interceptions, 30 d'évaluation) où elle a fait admirer l'ensemble de sa palette.
Alexia Chery, qui la côtoyait déjà à l'Asvel, s'est dite "trop fière d'elle, de voir la femme et la joueuse qu'elle est en train de devenir", plus complète et mature. "Au fur et à mesure on va s'y habituer (à la voir dunker), mais c'est un truc de fou de voir' Dom' évoluer à ce point là", a ajouté l'intérieure (16 pts), de retour en sélection pour la première fois depuis les JO, après une pause maternité.
