En larmes à plusieurs reprises pendant son parcours médiatique transformé en chemin de croix, le skieur de Serre-Chevalier a échoué à seulement trois centièmes de la troisième place du Suisse Marco Odermatt et à 31/100e de l'or remporté par Franjo von Allmen.
"Trois centièmes, on peut les trouver de partout, si je fais le détail avec la caméra, mais ça ne m'intéresse pas. La dure réalité du sport de haut niveau, c'est qu'aujourd'hui il y a trois mecs sur la boîte et il y a un mec qui est 4ᵉ, et celui-là c'est moi, à trois centièmes, et c'est dur", a-t-il lâché, les yeux rougis, en zone mixte.
"C'est extrêmement dur sportivement. C'est le moment le plus dur de ma carrière. Aujourd'hui je suis inconsolable", a-t-il ajouté.
Si Allègre, 32 ans, était aussi abattu, c'est parce qu'il est passé à un cheveu du grand bonheur avec son dossard 1. Mais aussi, et peut-être même surtout, parce que ce n'est pas la première fois que cela lui arrive.
Vainqueur d'un super-G en Coupe du monde en 2024, il a accumulé les places d'honneur ces derniers mois avec deux quatrièmes places en décembre (la "place du con", disait-il alors) et une 5ᵉ place dans la descente de Kitzbühel en janvier.
À Bormio, après une belle 8ᵉ place en descente samedi, il a encore fait cinquième, à 13/100ᵉ du podium, dans le combiné par équipes lundi avec Clément Noël.
"J'ai fait trois fois quatrième cette année, deux fois cinquième, c'est très dur à avaler. Je ressens frustration, déception, colère et quand même de la fierté de mon état d'esprit de la semaine, de mon engagement, de mon courage. Mais je suis en colère contre le coup du sort", a-t-il encore dit, avant de repartir le pas lourd.
