Après Robinio Vaz, l'OM va-t-il être contraint de vendre à nouveau cet hiver ?

Pablo Longoria et Medhi Benatia
Pablo Longoria et Medhi BenatiaALEX MARTIN / AFP

L'OM a réalisé une plus-value aussi exceptionnelle qu'inespérée avec Robinio Vaz, parti cette semaine à la Roma. Mais alors que le club devra lever des options d'achat obligatoire aux alentours des 50M€ cet été, le club n'est pas assuré de s'épargner une autre grosse vente cet hiver.

"Une fois tu gagnes, mille fois tu perds : le futur c'est un loto". Shurik'n avait la formule juste : demain c'est loin, surtout quand il s'agit de mercato, et encore plus quand c'est à Marseille. 

Adepte des transactions, les dirigeants olympiens sont à la fois acheteurs et vendeurs. Et peu ou prou, tout est à vendre mais les noms peuvent varier au gré des humeurs, notamment celles de Roberto de Zerbi, capable d'encenser un joueur avant le faire reculer dans la hiérarchie et de le voir partir. 

Vaz équilibre les comptes

Cet été, l'OM a dépensé quasiment 100M€ en transferts (Igor Paixao, Nayef Aguerd et Emerson Palmieri pour 53,7M€), en options d'achat activées (Jonathan Rowe, Pierre-Emile Höjbjerg et Neal Maupay pour 32M€) et autres prêts (Arthur Vermeeren, Benjamin Pavard, Facundo Medina, Matt O'Riley, Timothy Weah pour 10,5M€). 

Jusqu'au début de la semaine, la balance était négative : les ventes de Luis Henrique (22,8M€), Rowe (17M€), Quentin Merlin (13M€), Adrien Rabiot (7M€), Azzedine Ounahi (6M€), Valentin Rongier (5,5M€), Pau López (4,8M€), Samuel Gigot (4,5M€) et Amar Dedic (100.000€) ainsi que les prêts payants d'Ismaël Koné (2,5M€) et Faris Moumbagna (300.000€) ne couvraient que 80% des dépenses estivales. 

Le départ de Robinio Vaz à la Roma pour 22M€ a remis l'OM dans le vert mais il faut déjà penser aux options d'achat obligatoire pour Pavard (15M€), Medina (18M€+2M€ de bonus éventuels) et Weah (14M€+3M€ de bonus éventuels). Dès lors, les deux dernières semaines de mercato pourrait être agitées. La Juventus a par exemple mis Höjbjerg en haut de sa liste, tandis que Mason Greenwood ne laisserait pas insensible l'Atlético (l'OM ne percevra que 50% de l'indemnité de revente). 

Si les ventes sont intéressantes récemment, ce qui n'a pas toujours été le cas à l'OM, les bilans des mercatos tant sportivement que financièrement sont très mitigés. 

De nouvelles ventes à prévoir

Ainsi, depuis que Pablo Longoria a succédé à la présidence de Jacques-Henri Eyraud en février 2021, il a dirigé 9 périodes de transferts, sans compter l'actuelle. D'ores et déjà, l'OM aura une ardoise de 47M€ le 1er juillet prochain, ce qui impliquera de nouvelles ventes importantes pendant l'été. 

Bilan des transferts de l'OM sous la présidence Longoria
Bilan des transferts de l'OM sous la présidence LongoriaCHRISTOPHE SIMON / AFP / Stats Perform

Pour l'heure, la balance totale est située aux alentours des 153M€. En termes de trophées, les investissements n'ont eu aucune répercussion. Depuis 2021, Nantes et Toulouse ont gagné la Coupe de France, tandis que Monaco, Nice, Nantes, l'Olympique Lyonnais et Reims ont été finalistes. Après le titre en Ligue 1 de Lille en 2021, jamais l'OM n'a été en mesure de contester la domination du PSG tandis que Lens a poussé les Parisiens dans leurs retranchements (2023). Paradoxalement, la seule éclaircie a eu lieu lors de la pire saison récente de l'OM (2023-2024) avec une demi-finale de Ligue Europa. 

Finalement, peu de joueurs ont été des réussites totales : Leonardo Balerdi, arrivé quand Longoria était le Head of Football, est devenu capitaine malgré les critiques, Greenwood en dépit du vrai problème d'accueillir dont personne ne veut en raison des violences conjugales exercées sur sa compagne, Gerónimo Rulli même s'il n'est pas toujours irréprochable, Höjbjerg, Rabiot malgré le fiasco final et Pierre-Emerick Aubameyang, les deux derniers cités étant arrivés libres.

Avec une masse salariale située aux alentours des 150M€, le train de vie olympien ne pourra être validé qu'en cas de succès. Quatorze ans après la dernière Coupe de la Ligue, le temps devient long alors que le Vélodrome est un des rares stades remodelés pour l'Euro 2016 à avoir réussi sa mutation. Et à l'approche des 5 ans de présidence Longoria, un bilan sera dressé à la fin de saison. Il faudra un trophée à mettre dans l'armoire pour qu'il soit vraiment reluisant.