La situation de l'Olympique de Marseille et celle, certes dans une moindre mesure, de Lille a épargné le Stade Rennais... jusqu'à mardi soir. L'élimination des Bretons au Vélodrome mardi soir en 1/8 de finale de la Coupe de France a été une nouvelle désillusion dans une saison où les performances évoluent en dents de scie.
En octobre, après que son équipe a perdu beaucoup de points alors qu'elle était devant au tableau d'affichage, Habib Beye a frôlé la sortie de route avant de conserver son poste in extremis. Maintenu, il a inversé la courbe, avec 4 victoires en novembre et une 5e place au classement. Pour autant, une question restait en suspens : Rennes sous-performait-il en début de saison ou surperformait-il à présent ?
Manifestement, c'était la réponse B. Entre la déroute à Monaco (4-0) et la claque à Marseille, Beye a changé trois fois de système : 3-5-2 puis 4-4-2 losange sur le Rocher, 5-4-1 au Vélodrome. Les propositions successives ont été des échecs complets. À la mi-temps contre l'OM, la tension est montée d'un cran entre l'entraîneur et Mousa Al-Tamari, avant que Beye et Brice Samba ne s'accrochent après le deuxième but olympien. La fin de saison s'annonce tendue et le risque de ne pas disputer la moindre Coupe d'Europe pour la deuxième année consécutive est bien réel.
Plus de 650M€ de ventes depuis 2020
Le projet rennais est difficile à appréhender. Propriété depuis 1998 de François Pinault, le club n'a participé qu'une seule fois à la Ligue des Champions en 2020, achevant la phase de groupe avec un seul point. Depuis, Rennes est un habitué du haut de tableau, de la lutte pour les places européennes, mais ne réussit pas à franchir un cap alors qu'il est doté du meilleur centre de formation du pays (le club est d'ailleurs tenant du titre de la Coupe Gambardella), ce qui lui permet de vendre beaucoup et très cher. Cette fin de mercato hivernal l'a de nouveau démontré avec potentiellement plus de 100M€ récupérés entre les ventes de Kader Méïté à Al-Hilal et de Jérémy Jacquet à Liverpool en comptant les éventuels bonus compris.

Depuis le début de la décennie 2020, Rennes a effectué 26 ventes de 10M€ ou plus, soit une somme totale supérieure à... 650M€ et une moyenne de 25M€ par vente. C'est colossal. Mais pour quel bénéfice sur le terrain ? Dans un championnat homogène, atteindre le podium ou, a minima, la 4e place qualificative pour le 3e tour préliminaire de la Ligue des Champions devrait être un pré-requis. Or le club vend sans un véritable retour sur investissement pérenne et l'impression diffuse est que les périodes de mercato sont plus intenses que tout le reste alors que, précisément, le Stade Rennais a les finances, le stade et la formation, trois constitutifs majeurs qui devraient en faire un fleuron de la France en Ligue des Champions.
