Des sifflets du Stadio Olimpico au meilleur match depuis bien longtemps à Bursa, il ne s'est écoulé que trois jours. À Rome, après une défaite somme toute logique contre la Belgique (0-2), la Nazionale était repartie sous les lazzi. Or sur une pelouse difficile et détrempée, elle a étrillé la Turquie (1-4) avec plusieurs buts construits et des séquences de jeu trop peu vues depuis plusieurs années. La situation est toujours critique mais elle n'est pas désespérée.
Après que Luciano Spalletti et Gennaro Gattuso ont lamentablement échoué, Roberto Mancini est de retour, trois ans après avoir préféré le juteux contrat proposé par l'Arabie Saoudite et alors même qu'il avait été conforté dans ses fonctions après avoir manqué la qualification au Mondial. Comme souvent en Italie, faire du neuf avec du vieux a été privilégié et cinq ans après la victoire inattendue à l'Euro, "Mancio" repart quasiment de zéro... alors qu'il a une ossature qui ferait pâlir de nombreuses sélections.
La Serie A n'est plus ce qu'elle était et les jeunes joueurs n'ont pas d'opportunité. L'argument selon lequel il y aurait trop d'étrangers dans le championnat est réel mais basique. En réalité, le problème réside dans le fait qu'il s'agit d'éléments moyens qui n'amènent pas de plus-value. Par ailleurs, plusieurs éléments sont partis à l'étranger. Contre la Belgique et la Turquie, ils étaient 4 "exilés" au coup d'envoi.
Dans l'absolu, Mancini a largement de quoi avoir une équipe-type compétitive et des solutions de rechange. Ne pas arriver à performer avec entre autres Gianluigi Donnarumma, Alessandro Bastoni, Federico Dimarco (absent pour cette fenêtre internationale), Riccardo Calafiori, Nicolò Barella, Sandro Tonali, Davide Frattesi, Pio Esposito relève de la faute professionnelle, partagée par les dirigeants, le staff et les joueurs eux-mêmes.
Cela réside-t-il essentiellement en une question de sélectionneur ? Après tout, Mancini, ancien attaquant racé, a réussi là où, depuis le Mondial 2006, beaucoup ont échoué. Cela est dû à l'une de ses forces mentales : il est convaincu d'être le meilleur. L'Italie rate les Coupes du monde mais se loupe rarement à l'Euro : éliminations en 1/4 de finale aux tirs au but en 2008 et 2016, finale en 2012, victoire en 2021.
Les deux premiers matches de la deuxième ère Mancini ont proposé un éventail de ce que pouvait devenir l'Italie. Faire confiance à des bizuts, peu importe les erreurs logiques qu'ils commettront, et prendre appui sur des cadres qui jouent trop souvent avec le trouillomètre à zéro malgré leur niveau et leur expérience. Sans pression, la Nazionale a tout à gagner au Stade de France pour confirmer les nets progrès vus en Turquie.
