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Exclu' - Comment le PSG ouvre la voie des pros à ses jeunes grâce à la Youth League

Cabaye et la Coupe Gambardella.
Cabaye et la Coupe Gambardella.Baptiste Autissier / PsnewZ / Bestimage / Profimedia

Entre l’équipe première et la formation, le PSG n’a jamais été aussi connecté. Grâce à son équipe Espoirs et à la Youth League, devenue bien plus qu’une compétition, la méthode du club commence à payer. Yohan Cabaye témoigne et Flashcore fait le point.

Au Paris Saint-Germain, la Youth League n’est pas regardée comme un simple trophée à aller chercher, même si la gagner pour la première fois fait partie des objectifs du club. La vision est plus large : chaque rencontre est une marche supplémentaire dans la progression des jeunes du Campus, une façon de les préparer, match après match, aux exigences sportives, tactiques et mentales du football professionnel.

Pour autant, l’ambition de faire le meilleur parcours possible est bien là, comme dans toutes les compétitions où le club est engagé. Élu meilleur centre de formation masculin de France au classement FFF 2025-2026, le PSG a été champion de France U19 en 2024, 2025 et 2026, champion de France U17 et vainqueur de la Coupe Gambardella en 2026, et s’est qualifié pour le Final Four de l’UEFA Youth League la même année.

Mais tout cela passe après un objectif plus profond : former des joueurs capables d’intégrer un jour l’équipe première. La Youth League sert de terrain d’entraînement grandeur nature à ce projet, avec un rythme, une intensité et un cadre proches de ceux de la Ligue des champions. Alors, outil ou trophée ? Yohan Cabaye refuse d’opposer les deux.

« Cela reste un outil de formation, bien sûr, nous explique le directeur sportif du centre de formation du PSG. La compétition expose nos joueurs à des adversaires, des styles et des contextes différents. Elle nous donne des repères pour évaluer leur capacité à s’adapter, à prendre des décisions et à répondre à une forte exigence. »

« Mais cela reste aussi une compétition, et quand on joue au PSG, on doit avoir l’ambition de gagner. Le résultat compte, car il y a aussi une capacité à gérer la pression et à se donner les moyens de décrocher une victoire importante. Cela fait partie de l’apprentissage. La compétition reste une ambition, et le parcours pour essayer de la gagner reste un outil de formation. D’un match à l’autre, on n’a pas toujours la même équipe, et des joueurs se révèlent. »

Probabilité de victoire City-PSG
Probabilité de victoire City-PSGFlashscore

Dix joueurs chez les pros, tous passés par la Youth League

Le bilan de la saison dernière en donne la mesure. Dix joueurs issus de la formation ont disputé au moins un match avec les pros, dont six ont fait leurs grands débuts. Tous ont un point commun : ils sont passés par la Youth League, où le club a atteint les demi-finales, une première depuis dix ans.

Ce que cette compétition apporte de plus que les matches nationaux, Cabaye le résume ainsi : « Le championnat reste essentiel, parce que c’est la régularité, week-end après week-end. La Youth League, elle, ajoute une autre expérience. On rencontre des équipes qui travaillent différemment, avec d’autres repères et une autre culture de football. Pour nous, c’est une manière de devoir s’adapter rapidement. Elle apporte, plus encore qu’en championnat, la prise de bonnes décisions sous pression : comment les joueurs gèrent nos temps forts et nos temps faibles, et comment ils restent performants dans un contexte parfois difficile. À ce niveau, l’erreur peut coûter très cher. »

« Il y a aussi la découverte des déplacements européens : aujourd’hui, par exemple, nous allons en Angleterre et nous partons la veille. S’y ajoutent l’organisation d’une compétition UEFA et une grosse part d’émotion, qui fait aussi partie de l’apprentissage d’une grande carrière. »

Les chiffres montrent que la méthode porte ses fruits jusque dans la plus grande des compétitions européennes. Quatre joueurs formés au club (Warren Zaïre-Emery, Senny Mayulu, Quentin Ndjantou et Ibrahim Mbaye) ont pris part à la Ligue des champions, un chiffre inédit depuis la saison 2018-2019, signe d’un vrai changement de dynamique.

« La Youth League ne reproduit pas un match de Ligue des champions, c’est sûr, poursuit-il. Mais elle permet de travailler les comportements primordiaux et indispensables pour s’en rapprocher. L’avantage de pouvoir la jouer tous les ans dans notre cursus est très important dans la progression de nos joueurs. »

L'équipe Espoirs, l’étape qui manquait entre les U19 et les pros

L’autre pièce maîtresse du dispositif, c’est l’équipe Espoirs, créée à l’initiative du club en septembre 2024. Devenue l’équipe clé du centre de formation, elle joue pleinement son rôle d’antichambre du monde pro : renforcer la passerelle avec le groupe de Luis Enrique en offrant aux jeunes de bonnes conditions de développement et du temps de jeu, des U16 jusqu’aux U23.

Les affrontements City-PSG
Les affrontements City-PSGFlashscore

« Cette équipe a vu le jour à l’été 2024, mais la réflexion avait été engagée bien avant, nous explique Cabaye. Nous voulions résoudre deux problèmes. Le premier, c’est la transition vers le monde professionnel. Entre les U19 et le groupe pro, il existait un écart assez important. Certains joueurs avaient besoin de davantage de temps et de compétition pour poursuivre leur formation, d’autres étaient plus prêts à accélérer et à se rapprocher du haut niveau. Il s’agissait donc de donner une étape supplémentaire à ceux qui en avaient besoin. Le second, c’est le temps de jeu. Cette troisième équipe permet d’en donner à tous les joueurs du centre de formation. Comme nous n’avions que des U17 et des U19, les U16 ne jouaient presque jamais. Ces dernières années, ils ont bénéficié de beaucoup plus de temps de jeu. »

Tout repose sur la continuité. Les U19 et les Espoirs travaillent main dans la main, grâce à un lien permanent entre leurs entraîneurs, Jean-François Vulliez et Thomas Leyssales. L’idée : que chaque joueur soit suivi dans la durée, sans rupture ni perte d’information lors d’un changement de catégorie.

Une vision partagée, du président Nasser al-Khelaïfi au Campus

Dans les couloirs du Campus, le parcours de l’équipe première en Ligue des champions ces deux dernières saisons a servi de moteur. Voir le club performer au plus haut niveau européen donne du sens au travail quotidien : l’objectif devient concret, tangible. Les jeunes peuvent se projeter et mesurer l’exigence nécessaire pour y arriver.

Cette réussite s’appuie sur une vision commune, portée par le président, le conseiller sportif Luis Campos, l’entraîneur Luis Enrique et Yohan Cabaye. Le Campus lui-même en est la clé, selon ce dernier : « L’avantage aujourd’hui, c’est le campus. Il faut le remettre au centre de la discussion : avoir créé cet environnement de travail, avec la vision du président, nous permet d’être proches et de créer une vision sportive commune. La proximité que Luis Campos et moi entretenons sur ce qui se passe au centre de formation est essentielle pour apporter de la cohérence. »

Entre les deux hommes, les échanges sont quotidiens, auxquels s’ajoutent des réunions formelles sur la suite à donner et sur les joueurs. Le rôle de Cabaye est celui d’un éclaireur : « Mon rôle est de faire remonter les profils qui méritent une observation, une attention. Il s’agit de comprendre si tel joueur est en mesure de venir de temps en temps “toquer à la porte” des professionnels pour montrer ce qu’il sait faire. »

« La Youth League, elle, joue ici un rôle précis : elle permet aussi à Luis de voir les joueurs dans un contexte autre que le championnat U19, et de comprendre s’ils sont capables de jouer sous pression et de faire la transition avec le monde professionnel. Je partage avec lui des profils qui ont montré une très forte progression, une grande envie d’apprendre et de travailler, avec une vraie personnalité sur le terrain, sans se faire remarquer en dehors. C’est un ensemble de choses : on essaie de faire vivre le triple projet au quotidien. Entre Luis et moi, une relation de travail et de confiance s’est instaurée. »

Cette continuité repose aussi sur un travail de l’ombre entre les différents staffs : analystes vidéo, data analysts, nutritionnistes, préparateurs physiques, équipes médicales. Chacun met son expertise au service de la progression des joueurs. Cabaye tient à citer un nom, celui d’Olivier Gagne, le directeur adjoint du Football Professionnel : « Cette liaison nous permet d’échanger des informations dans les deux sens au sujet des joueurs. C’est très important pour le projet du centre de formation. »

Entre les pros et les jeunes, le PSG n’a jamais été aussi connecté. Et ce n'est pas prêt de s'arrêter. Pour la rencontre de ce mercredi soir face à Manchester City, à l'Etihad Stadium, ils sont deux à faire partie du groupe de Luis Enrique : Quentin Ndjantou et Adam Mouak. Si temps de jeu il y a pour l'un des deux, ce sera, encore une fois, un beau message d'envoyé à son centre de formation. 

Pablo Gallego - Senior News Editor
Pablo Gallego - Senior News EditorFlashscore France

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