Voilà ce que permet la persévérance. On connaît la situation délicate de l’OM depuis le début de saison, sur le plan structurel, économique et, forcément, sportif. Mais après plusieurs mois de travail avec son groupe, Bruno Genesio a peut-être déjà une esquisse de son onze type et de la façon dont ses joueurs doivent se comporter sur le terrain.
Car Marseille s’est retrouvé aujourd’hui dans une position délicate, mais a su puiser dans son mental, son envie et sa détermination pour renverser la situation. Angers ouvre en effet rapidement le score, profitant d’une entame compliquée des Marseillais, visiblement en pleine digestion à l’heure de la sieste. L’action est individuelle et bien menée par Sbaï, le meneur de jeu angevin : il élimine Egan-Riley côté gauche d’un crochet de la semelle, à la façon d’un joueur de futsal, puis centre de l’extérieur du pied droit dans la surface. Kondogbia tente de repousser, mais la balle heurte Raolisoa, qui la dévie du dos au fond (14e).
Ce but met une gifle aux hommes de Genesio, qui appuient alors sur l’accélérateur : ils tentent, créent, frappent. Les premiers tirs viennent de loin, avec Nnadi (12e), juste avant le but, puis Abdelli (22e) et Paixao (26e). Mais plus le temps passe, plus l’OM se rapproche de la cage d’Antony Lopes, comme le montre la tête de Paixao au point de penalty, facilement captée par le gardien angevin (33e). Et c’est finalement l'ancien d’Angers qui permet aux siens de recoller (37e).

Harit lance Weah à droite, qui centre parfaitement pour Himad Abdelli. À bout portant, celui-ci n’a plus qu’à pousser le ballon au fond. Marseille égalise et prend un shot d’adrénaline avant de renverser la rencontre. Car l’OM ne s’arrête pas là : il pousse encore plus fort et voit ses efforts récompensés. Sur un corner d’Emerson, Kamissoko coupe la trajectoire de la tête au premier poteau et marque le deuxième but marseillais (43e). Genesio peut sourire : son équipe a du caractère.
L’objectif est désormais simple sur le papier, mais difficile à réaliser : tenir le score et, pourquoi pas, inscrire le but du break. Comment ? D’abord par la possession. Dès l’entame du second acte, Marseille revient avec la volonté de garder le ballon pour contenir son adversaire, qui n’avait que 25 % de possession avant l’heure de jeu. Et ce troisième but finit par arriver, sur une belle transition.
Après une excellente récupération, Amine Gouiri est lancé en profondeur dans le demi-espace gauche. Dans un deux contre deux, il prend le temps de s’avancer dans la surface sans être attaqué. À l’entrée de la surface, il juge bien la situation, repique légèrement sur son pied droit et accélère, avant d’être fauché par Belkhdim. Le penalty est indiscutable (58e). Gouiri se charge lui-même de la sentence, mais son tir à ras de terre, à droite, est repoussé par Lopes. L’attaquant suit bien le ballon et conclut du plat du pied droit dans un second temps (60e). Marseille a fait le plus dur : il ne reste plus que 30 minutes à tenir.

Mais impossible de se rendre la tâche facile. Angers trouve le moyen de revenir à une longueur à un quart d’heure de la fin, lui aussi sur penalty. Sur un corner, Nnadi se trompe complètement et accroche Arcus au second poteau, qui tombe dans la surface. Comme pour le penalty marseillais, l’arbitre Jérémie Pignard n’a aucun doute et désigne le point de la surface de réparation. El-Ouazzani transforme (74e). Angers se relance, et la fin de match s’annonce longue.
Ou pas. Trouvé à l’entrée de la surface, Amine Harit signe le quatrième but marseillais d’une magnifique frappe du plat du pied droit (83e). Deux minutes plus tard, Paixao profite d’une bonne déviation de la tête de Weah pour inscrire le cinquième, lui aussi du plat du pied droit (85e). Le suspense aura été de courte durée : l’OM plie, mais ne rompt pas, et assomme définitivement les Angevins avec ces deux buts coup sur coup.
Le score ne bougera plus. L’OM s’impose 5-2 à Angers et signe une troisième victoire cette saison, au terme d’un match plein de rebondissements. Mené dès la 14e minute, Marseille a su réagir avant la pause, puis a fait la différence en seconde période, malgré un penalty concédé qui aurait pu le fragiliser. Les hommes de Genesio remontent à la 9e place de Ligue 1, alors qu'Angers est 14e.

