L’Équateur, l’équipe la plus sous-estimée de la Coupe du monde

L’Équateur fait partie des outsiders de la Coupe du monde.
L’Équateur fait partie des outsiders de la Coupe du monde.REUTERS/Jennifer Lorenzini

Alors que l’attention en Amérique du Sud se porte traditionnellement sur le Brésil et l’Argentine, l’Équateur s’est discrètement imposé ces dernières années comme l’une des équipes les plus solides du continent. Lors de la Coupe du monde 2026, la "Tri" débarque en Amérique du Nord en tant que deuxième des qualifications sud-américaines et s’annonce comme un outsider dangereux, capable de créer la surprise.

Pour l’Allemagne, l’Équateur pourrait bien être l’adversaire le plus coriace de la phase de groupes. Cette équipe possède l’une des meilleures défenses d’Amérique du Sud et sa jeune génération offre un énorme potentiel de progression.

Presque aucune défaite avant le tournoi

Les résultats des derniers mois confirment la solidité des Équatoriens. En mars, l’équipe a tenu tête aussi bien aux Pays-Bas qu’aux très estimés Marocains avec deux nuls 1-1. Avant cela, il y avait déjà eu des matchs nuls contre le Canada, le Mexique et les États-Unis, ainsi qu’une victoire contre la Nouvelle-Zélande. Les défaites sont devenues rares dernièrement. Plus précisément, la dernière défaite en match officiel remonte à septembre 2024. Nous y reviendrons plus loin. 

Les deux derniers matchs amicaux avant le début du tournoi ont été remportés par l’Équateur, malgré l’absence ou la mise au repos de ses stars (finale de la Ligue des champions), avec une victoire 2-1 contre l’Arabie saoudite et 3-0 contre le Guatemala.

Vers le Match-Center : Équateur vs. Guatemala

L’Équateur célèbre un but contre le Guatemala
L’Équateur célèbre un but contre le GuatemalaCredit: ČTK / imago sportfotodienst / Dennis Rojas

La force défensive saute particulièrement aux yeux. Depuis l’arrivée de Sebastián Beccacece à la tête de l’équipe, l’Équateur encaisse très rarement des buts et se montre extrêmement discipliné face à des adversaires de qualité. Sa compacité a déjà fait de cette équipe l’un des adversaires les plus difficiles à jouer lors des qualifications sud-américaines.

Changement d’entraîneur comme tournant

Avant même d’entamer les qualifications pour la Coupe du monde, la fédération équatorienne a décidé de changer de sélectionneur. Après une Copa América mitigée, Félix Sánchez Bas a été remplacé par l’Argentin Sebastián Beccacece. Sous la direction de l’Espagnol, l’équipe avait difficilement franchi la phase de groupes du tournoi CONMEBOL, avant d’être éliminée dès le premier match à élimination directe face à l’Argentine

Beccacece lors de sa présentation comme sélectionneur de l’Équateur
Beccacece lors de sa présentation comme sélectionneur de l’ÉquateurFoto von RODRIGO BUENDIA / AFP

L’effet du changement d’entraîneur a été immédiat. Sous la houlette de Beccacece, l’Équateur a développé un football plus audacieux et en même temps plus solide. L’Argentin a mené l’équipe à une qualification réussie pour la Coupe du monde et a permis de resserrer les liens entre les supporters et la sélection. Depuis sa prise de fonction, l’Équateur fait partie des équipes les plus régulières d’Amérique du Sud.

Les stars : une génération dorée

Le joueur le plus important est sans conteste Moisés Caicedo. Le milieu de terrain de Chelsea fait désormais partie des meilleurs milieux centraux du monde. Sa puissance, sa capacité à récupérer les ballons et son intelligence de jeu font de lui le moteur de l’équipe. Sa performance déterminera jusqu’où l’Équateur pourra aller lors de la Coupe du monde. Il a réalisé une saison solide, mais discrète avec Chelsea. En sélection, son rôle sera bien plus important, car il y a moins de qualité autour de lui qu’aux Blues. 

Caicedo est le leader de la sélection équatorienne
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Défensivement, l’Équateur dispose d’une qualité exceptionnelle. Willian Pacho, Piero Hincapié et Pervis Estupiñán forment l’une des meilleures lignes défensives du tournoi. Depuis son transfert de l’Eintracht Francfort au Paris Saint-Germain, Pacho s’est imposé comme l’un des meilleurs défenseurs centraux du monde. À 24 ans, il est un titulaire indiscutable à Paris. Hincapié et Estupiñán sont eux aussi des cadres dans leurs clubs respectifs et, tout comme Pacho, font partie de l’élite défensive du football européen.

Moises Caicedo est le patron du milieu équatorien.
Moises Caicedo est le patron du milieu équatorien.Credit: ČTK / imago sportfotodienst / Alberto Gardin

Dans le même temps, le vétéran Enner Valencia, à 36 ans, reste une menace offensive constante. À cela s’ajoutent des talents comme Kendry Páez, considéré comme l’avenir du football équatorien et qui apporte une touche de créativité supplémentaire à l’équipe. Pourtant, si l’on cherche un point faible, c’est l’attaque qui ressort. Aussi solide que soit la défense équatorienne, "La Tri" a du mal à se montrer dangereuse devant. Seuls le Pérou et le Chili ont marqué moins de buts lors des qualifications que l’équipe de Beccacece. Le Pérou a terminé avant-dernier, le Chili dernier du groupe de qualification.

Le chemin vers la Coupe du monde : le minimalisme pour finir deuxième 

La campagne de qualification de l’Équateur a été particulièrement impressionnante. "La Tri" a terminé deuxième de la zone sud-américaine, juste derrière le champion du monde argentin. Même une pénalité de trois points pour une infraction administrative lors de la précédente campagne n’a pas pu l’en empêcher. Lors des qualifications, l’équipe n’a encaissé que cinq buts en 18 matchs – une performance remarquable dans le contexte toujours difficile des éliminatoires CONMEBOL. Depuis l’arrivée de Beccacece, ce ne sont que deux buts encaissés en onze matchs de qualification !

La régularité a été particulièrement impressionnante. L’Équateur n’a plus perdu depuis septembre 2024 (0-1 contre le Brésil

 

Mais le vrai problème, ce sont les 14 buts inscrits seulement. Enner Valencia en a marqué six à lui seul, aucun autre joueur équatorien n’a dépassé deux réalisations. Il n’est donc pas surprenant que le score le plus fréquent lors des qualifications ait été 0-0. Quatre des cinq derniers matchs officiels se sont d’ailleurs terminés sur ce score. 

Enner Valencia est l’assurance offensive de l’Équateur
Enner Valencia est l’assurance offensive de l’ÉquateurCredit: ČTK / imago sportfotodienst / Alberto Gardin

L’outsider dangereux du groupe

Sur le papier, l’Allemagne part favorite face à l’Équateur. Mais la réalité pourrait s’avérer bien plus complexe. Les Sud-Américains disposent d’une défense parfaitement organisée, d’un joueur de classe mondiale au milieu et de nombreux professionnels évoluant dans les meilleurs championnats européens.

Laisser des espaces à l’Équateur, c’est s’exposer à être puni. Vouloir contrôler le jeu, c’est affronter une équipe qui défend presque sans faille. C’est pourquoi ce duel contre "La Tri" pourrait bien représenter un véritable test pour la sélection allemande – et peut-être même le match clé pour la première place du groupe.

Faits clés sur l’Équateur 

Participations à la Coupe du monde : 4e participation (2006, 2010, 2014, 2026) 

Meilleur résultat en Coupe du monde : Phase de groupes

Entraîneur : Emerse Faé, Classement FIFA : 23e

Joueur le plus valorisé : Moises Caicedo (valeur marchande : 100 M€)

Joueurs à suivre : Moises Caicedo, Willian Pacho, Piero Hincapié, Kendry Paez, Enner Valencia

Valeur totale de l’effectif : 368,70 M€

La Coupe du monde 2026 se déroulera du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Le tournoi réunira 48 sélections et se jouera dans 16 stades modernes.

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