Il y a 32 ans, sur cette même terre américaine, la Suède avait créé l'une des plus belles surprises de l'histoire de la Coupe du monde. Troisième en 1994, derrière le Brésil champion et l'Italie finaliste, les Blågult avaient marqué les esprits avec un football direct, collectif et d'une redoutable efficacité. En 2026, une nouvelle génération dorée débarque aux États-Unis avec une ambition claire : raviver cette flamme.
La Suède de 1994 comptait plusieurs joueurs marquants : Tomas Brolin dynamisait l'attaque, Kennet Andersson et Martin Dahlin apportaient puissance et efficacité devant le but, Henrik Larsson était déjà très prometteur, et Thomas Ravelli restait solide dans les moments critiques. Ensemble, ils ont construit l'un des parcours les plus mémorables du tournoi.
En quart de finale, opposés à la Roumanie de la légende Gheorghe Hagi, les Suédois avaient dû attendre la séance de tirs au but. Larsson, 22 ans à l'époque, avait transformé le penalty décisif avant que Ravelli n'arrête le tir suivant pour qualifier la Suède en demi-finale. Le quart de finale exténuant contre la Roumanie, avec les deux arrêts décisifs de Ravelli lors de la séance de tirs au but, avait fait de lui un héros national.
En demi-finale, la machine brésilienne avait mis fin au rêve d'une finale. La Suède avait accumulé des centaines de minutes sur le terrain et des milliers de kilomètres à travers l'Amérique, avec 24 heures de moins de repos. Mais l'équipe n'avait pas dit son dernier mot. Opposée à la Bulgarie dans le match pour la troisième place, la Suède s'était régalée en première période, empilant les buts de Tomas Brolin (8e), Håkan Mild (30e), Henrik Larsson (37e) et Kennet Andersson (40e). Une démonstration pour une victoire 4-0 et une troisième place historique.
Une qualification laborieuse, Graham Potter fait de la magie
Trente-deux ans plus tard, le chemin vers ce Mondial 2026 n'a rien eu d'une évidence. Absente de la dernière Coupe du monde au Qatar, la Suède est revenue de l'enfer lors des qualifications. Ce début de génération compliqué, marqué par une dernière place derrière la Suisse, le Kosovo et la Slovénie, laissait craindre que ce groupe ne trouve jamais la bonne formule.
Malgré ce bilan catastrophique, les Blågult ont bénéficié d'un repêchage via la Ligue des Nations. Mais ce qui ressemblait à une impasse s'est transformé en miracle lors des barrages. Sous l'impulsion de Graham Potter, l'équipe est passée d'un jeu très défensif à des transitions redoutables.
Après plusieurs expériences sur les bancs de clubs anglais à Swansea, Brighton, Chelsea et West Ham, Potter est revenu en Suède en octobre 2025 en tant que sélectionneur national. Parlant couramment le suédois de par son passage à Östersund en tant que joueur, il a eu un impact immédiat en guidant son équipe vers des victoires en barrages face à l'Ukraine et à la Pologne, assurant ainsi la qualification pour la Coupe du Monde.
Gyökeres et Isak, le duo qui redonne espoir
Là où la génération 1994 s'appuyait sur le trio Brolin-Dahlin-Andersson, c'est désormais un autre duo qui fait saliver les observateurs. Viktor Gyökeres et Alexander Isak forment l'un des duos d'attaque les plus attendus de cette Coupe du monde. Gyökeres incarne la puissance, l'efficacité et l'instinct de buteur. Isak, plus mobile et plus fin techniquement, apporte une capacité à décrocher, combiner et attaquer la profondeur.
Gyökeres a connu une année 2026 exceptionnelle avec Arsenal, remportant le titre de Premier League, et a confirmé cette forme en sélection en inscrivant 14 buts. Il est actuellement l'un des attaquants les plus efficaces au monde, avec un taux de conversion de tirs en buts de 34 %.
Cependant, Alexander Isak est handicapé par des blessures et n'a pas encore retrouvé son meilleur niveau. L'état de forme du Liverpuldien sera l'une des clés du tournoi suédois. Les absences de Dejan Kulusevski et Roony Bardghji limitent également certaines solutions créatives.
Un groupe ouvert, des raisons d'y croire
La sélection de Graham Potter affronte la Tunisie, les Pays-Bas et le Japon dans le Groupe F. Un tirage équilibré qui laisse entrevoir une qualification possible pour les huitièmes de finale.
Avec une moyenne de seulement 19,9 sélections par match, il s'agit de leur équipe la moins expérimentée dans un tournoi majeur depuis plus d'un demi-siècle. Seuls le capitaine Victor Lindelöf et Alexander Isak ont déjà participé à des compétitions majeures comme la Coupe du Monde ou l'Euro. Ce manque d'expérience constitue certes un risque, mais il portait aussi le nom de Henrik Larsson en 1994, 22 ans, inconnu du grand public, auteur d'un penalty décisif pour l'éternité.
La Coupe du monde 2026 se déroulera du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Le tournoi réunira 48 sélections et se jouera dans 16 stades modernes.
Calendrier et horaires des matches | Classement des groupes | La France à la Coupe du monde | Les listes des équipes pour la Coupe du monde | Comment regarder la Coupe du monde | Pronostics et cotes | Plus d'infos sur les Bleus à la Coupe du monde
