"Aujourd'hui est un jour triste", a écrit le club vice-champion d'Europe 2025, qui a remporté les quatre trophées en jeu en France la saison dernière, dans un message à ses supporters sur les réseaux sociaux.
Après avoir refusé vendredi d'accorder un nouveau sursis puis délibéré quelques jours, le tribunal de première instance, chargé des affaires commerciales à Monaco, a en effet "constaté l'état de cessation des paiements" du club, a annoncé mercredi le procureur général de Monaco, Stéphane Thibault.
Concrètement, le club affiche "une absence de tout actif disponible, face à un passif global connu de 27 888 305,95 euros", a-t-il ajouté. Même s'il reste encore un recours en référé devant le tribunal administratif de Paris et une possibilité d'appel à Monaco, le club semble avoir tourné la page.
L'avenir "repose désormais entre les mains de l'Association de l'ASM: ses dirigeants, ses entraîneurs, ses jeunes joueurs et son équipe première qui évolue en Nationale 3", a-t-il ainsi expliqué dans son message.
"C'est à eux que l'AS Monaco Basket passe aujourd'hui le flambeau, avec l'espoir qu'un jour, le rouge et blanc revienne au plus haut niveau", a-t-il ajouté.
Pas de repreneur
"D'ici là, ce que nous avons construit ensemble demeure", a insisté l'ASM, qui part avec "les grands trophées français à son palmarès" et rappelle que son "triomphe en EuroCup en 2021 a offert à la Principauté son tout premier titre européen dans un sport collectif".
Soumis à de grosses difficultés financières, le club avait bataillé toute l'année autant sur les parquets qu'en dehors, parvenant néanmoins à réaliser un quadruplé historique ponctué d'un troisième titre de champion de France.
Mais il a pour cela été maintenu à bout de bras par le gouvernement monégasque, qui lui a prêté 21,7 millions d'euros, via la Société nationale de financement (SNF), pour assurer les dépenses courantes jusqu'à la fin de la saison.
Tous les joueurs sont partis, dont la star Mike James, recruté par l'Efes Istanbul, et les 21 salariés qui restaient encore au club ne sont plus payés depuis septembre.
La direction n'a en effet pas trouvé de repreneur. L'ancien joueur NBA Jamal Mashburn et son fonds d'investissement Helen Holdings n'ont jamais envoyé les fonds attendus, le Monégasque Romain Goiran et l'investisseur français Benjamin Erisoglu n'ont pas apporté les garanties nécessaires à temps...
Début juillet, le gendarme financier de la Ligue nationale a donc refusé d'engager la Roca Team dans ses championnats (Elite et Elite 2), et les appels du club, qui a même saisi le Comité national olympique et sportif français, n'y ont rien fait.
La perte d'une "locomotive"
"Avec Monaco, on perd une locomotive", avait reconnu le président de la Ligue nationale de basket, Philippe Ausseur, sans ménager ses critiques. "L'équipe était magnifique mais Monaco ne tenait pas la route au niveau de la gouvernance, de son modèle économique et administratif."
Le coup de grâce est arrivé mi-septembre, quand l'AS Monaco n'a même pas réussi à intégrer le championnat de troisième division.
"Toutes les options ont été envisagées. Tous les projets qui nous ont été proposés ont été examinés et encouragés. Et le gouvernement a fait tout ce qui lui était possible pour aider le club, dans le respect des règles. Cela n'a pas suffi", a regretté le ministre d'État (chef du gouvernement), Christophe Mirmand, auprès de l'AFP.
Ce dénouement est "une profonde déception pour tous les supporters du club, pour tous les responsables de la Principauté, et pour tous les amoureux du sport", a-t-il ajouté, tout en assurant: "Le basketball monégasque se reconstruira, avec stabilité, transparence et ancrage local".
