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Cristiano Ronaldo brise le silence : les déclarations de l'ex-capitaine du Portugal

Cristiano Ronaldo, capitaine du Portugal
Cristiano Ronaldo, capitaine du PortugalREUTERS/Pedro Nunes

Cristiano Ronaldo a brisé le silence ce mardi dans un long communiqué, expliquant tout ce qui s'est passé lors du rassemblement du Portugal et les raisons qui l'ont conduit à quitter la délégation portugaise à Copenhague.

Communiqué intégral de Cristiano Ronaldo :

« Comme je l'avais promis, j'ai décidé de raconter, à la première personne et directement, les circonstances qui ont entouré le dernier rassemblement de la sélection nationale.

Après la Coupe du monde 2026, j'ai préparé une lettre aux Portugais, que je conserve encore, avec les mots que je veux leur adresser lorsque je quitterai définitivement notre équipe.

À la fin de la compétition, dès le vol retour des États-Unis, le président de la Fédération m'a demandé et a insisté pour que je réfléchisse à la décision de partir, car la FPF voulait que je continue.

Il m'a ensuite demandé mon avis sur l'identité du sélectionneur actuel et m'a dit qu'il réfléchissait à cette option, parmi d'autres noms qu'il ne m'a pas révélés.

J'ai répondu au président de la Fédération qu'à mon avis, ce serait le bon choix.

C'est pourquoi, le jour où le sélectionneur actuel a été présenté, j'ai été sincèrement heureux de ce choix. C'était la bonne option, comme les résultats le prouvent.

Quelques jours plus tard, j'ai reçu un premier contact du nouveau sélectionneur national. Il m'a dit qu'il souhaitait me rencontrer en personne. J'ai accepté et nous avons fixé ce rendez-vous à la fin de mes vacances.

Nous nous sommes rencontrés à la Cidade do Futebol, où mon club effectuait son stage de pré-saison.

Ce jour-là, le sélectionneur m'a dit qu'il comptait sur moi et que ma présence était fondamentale pour son projet. Il m'a présenté un plan pour ma participation. Il m'a dit que je jouerais le premier et le dernier match et que, pour des raisons de gestion physique, il effectuerait toujours trois ou quatre changements par match.

À ce moment-là, il m'a proposé de ne pas voyager avec la sélection en Norvège et au Danemark. Il m'a proposé de jouer le premier match puis de rester au Portugal, avant de rejoindre à nouveau le groupe avant le match du Dragão.

J'ai immédiatement refusé cette proposition. Il me semblait évident que je ne pouvais pas l'accepter. Ce n'est pas parce que je ne jouerais pas les matchs à l'étranger que je cesserais d'être le capitaine de notre équipe. Le privilège de rester au Portugal n'aurait pas été un bon exemple.

Le sélectionneur a finalement reconnu que mon analyse était juste.

Cette conversation s'est déroulée en présence de Simão Coutinho, directeur sportif d'Al-Nassr, la personne à qui le sélectionneur actuel rendait compte durant toute la saison passée et l'un des responsables de son recrutement par le club en 2025.

La veille du début du rassemblement, le sélectionneur s'est rendu chez moi, à Lisbonne, pour avoir une nouvelle conversation avec moi, à sa demande. L'échange a été calme et tous les principes convenus en août ont été maintenus.

J'ai joué le match d'Alvalade et, malgré mon remplacement, je n'ai posé aucun problème. J'ai moi-même donné le brassard à Bruno Fernandes, loin d'imaginer que je pouvais être en train de faire mes derniers pas comme joueur et capitaine de la sélection nationale. L'important ce jour-là, pour moi, c'était notre victoire. Gagner est toujours agréable, au Portugal, et encore plus pour mon pays.

À l'heure du déjeuner, le jour du match en Norvège, un adjoint du sélectionneur est venu à la table où le groupe déjeunait et m'a informé que le sélectionneur voulait me parler. À ma grande surprise, le sélectionneur m'a demandé si j'étais prêt à jouer 30 minutes. J'étais entièrement concentré sur ma récupération physique, intégré à mes coéquipiers comme toujours, et je pensais ne pas jouer ce jour-là. Cela ne me posait aucun problème.

Cette demande ne faisait pas partie de mon programme de récupération physique et d'entraînement, puisque je ne devais jouer que le 4 au Dragão. Mais j'ai évidemment répondu oui. Il m'a alors demandé de me tenir prêt, car je jouerais 30 minutes.

Tout le monde connaît la suite. Je me suis échauffé dès la mi-temps, j'ai vu les minutes défiler et je n'ai pas été appelé.

Le sélectionneur n'avait pas tenu parole.

À la fin du match, je voulais seulement que tout se termine par une victoire et rester seul. Je ne suis pas allé saluer les supporters. C'est une faute dont je suis le seul responsable et qui n'aurait pas dû se produire. Je présente mes excuses aux Portugais qui nous ont soutenus avec tant d'intensité, aux supporters, ainsi qu'à ceux qui, sans être portugais, avaient peut-être fait le déplacement pour me voir et que j'ai pu décevoir.

Quarante-huit heures plus tard, nous avons eu une conversation, le sélectionneur, Simão Coutinho et moi, puisque ce dernier avait suivi nos échanges du mois d'août.

Ce fut un moment profond, très franc, sans aucun filtre.

Nous sommes convenus qu'il n'y avait qu'une seule manière de clore cette « affaire » : le sélectionneur devait répéter ce qu'il venait de me dire en privé, en présence de Simão Coutinho, mais dans la salle de presse.

Ce qui avait été convenu était simple : le sélectionneur commencerait la conférence de presse par ce sujet, en cherchant à clore l'affaire et à dire la vérité. Il dirait que je n'avais jamais demandé à jouer la moindre minute, que lui seul m'avait proposé le plan pour ce rassemblement et que c'était une erreur de me faire m'échauffer sans me faire entrer en jeu. Il ajouterait que, si cela devait se reproduire, il ne le ferait pas.

Nous avons terminé cette réunion avec le sélectionneur qui me demandait de lui faire une accolade et me promettait de dire en conférence de presse ce qu'il venait de me dire. Il me disait que l'affaire serait dépassée. Je ne jouerais pas au Danemark et je jouerais le match du Dragão. Tout cela s'est déroulé en présence de Simão Coutinho, en permanence.

À la demande du sélectionneur, une réunion a ensuite eu lieu entre lui, Simão Coutinho et Tiago Craveiro en visioconférence. Nous y avons résumé ce dont nous avions parlé.

Un court document a été rédigé. Je l'ai moi-même validé et, à ma connaissance, il a été remis au sélectionneur, comme il l'avait demandé.

La conférence a été telle qu'on la connaît : l'attitude n'avait rien à voir avec celle de notre réunion. J'ai entendu des expressions et une agressivité que je ne pense pas mériter, ainsi qu'une attitude de personne qui veut, peut et commande, qu'il ne m'avait jamais montrée, ni de près ni de loin, en privé, la veille.

Les notes que j'avais validées étaient les suivantes :

« Je pense qu'il est important, d'autant que c'est la vérité, de clarifier certaines choses avant de parler du Danemark :

1. J'ai moi-même proposé à Cristiano, sans que personne d'autre n'intervienne, un plan pour lui cette saison avec la sélection nationale. Ce fut une conversation longue et très bonne.

2. Je sais à quel point il vit pour la sélection et l'aime, ainsi que le poids qu'il a dans le monde. Plus encore, je connais le poids et l'influence positive qu'il exerce au sein de la sélection depuis 24 années consécutives.

3. Le plan que j'ai proposé à Cristiano a été accepté.

4. Il n'a jamais remis en question mes choix. Il a été exemplaire, loyal et professionnel.

5. Le match en Norvège ne figurait pas dans le plan que j'avais établi pour lui. Cependant, j'ai senti qu'il avait récupéré physiquement du premier match et je l'ai prévenu que je pourrais devoir l'utiliser. Cristiano a accepté.

6. J'ai commis une erreur en faisant s'échauffer quelqu'un de la dimension de Pelé ou de Maradona sans le faire entrer en jeu. Si c'était à refaire aujourd'hui, je ne le ferais pas.

7. Pour clore l'affaire : je veux Cristiano en sélection nationale. En réalité, je le veux non pas un peu, mais beaucoup. Heureusement, il croit lui aussi en moi. Il a cru en moi à Al-Nassr et il y croit ici aussi.

8. Concernant le fait de ne pas avoir salué les supporters, nous en avons déjà parlé. Quelqu'un qui a disputé plus de 230 matchs avec la sélection n'a pas besoin que je lui donne des leçons d'amour du Portugal. C'était un moment de frustration qui n'efface rien. C'est le joueur qui signe le plus d'autographes, prend le plus de selfies et témoigne le plus d'affection aux supporters. N'inventons pas des problèmes là où il n'y en a pas. Quand nous ne sommes pas contents, nous réagissons. Ce n'était que cela. »

Aucune de ces notes ne disait donc que le sélectionneur devait seulement me présenter ses excuses.

C'était la deuxième fois qu'il ne tenait pas parole.

J'ai décidé de quitter le rassemblement sans attendre une nouvelle promesse non tenue. Pour moi, la vérité reste la chose la plus importante dans les relations humaines. Aussi douloureuse soit-elle, dites-moi la vérité.

D'ailleurs, lors d'une conversation que j'ai eue avec le président de la FPF et le sélectionneur le matin de cette conférence de presse, je leur ai clairement répété que, s'ils ne voulaient pas de moi ici, ils n'avaient qu'à me le dire. Il leur suffisait d'être francs avec moi. J'aurais accepté et j'avais promis que nous préparerions quelque chose de beau, comme je rêve que cela se passe, et que personne ne serait fâché.

Je m'en souviens comme si c'était hier. Ils ont répondu à l'unisson que non. Que ma place était en sélection nationale.

Jamais, à aucun moment, je ne me suis immiscé dans une décision technique ou tactique d'un entraîneur ou d'un sélectionneur en près de 25 ans de carrière. J'accepte, qu'elle soit meilleure ou moins bonne, la tâche qu'on me propose d'accomplir. Je respecte la décision et, lorsqu'on ne tient pas parole, je sens que ma place n'est pas là.

Je dois également présenter mes excuses à mes coéquipiers de la sélection pour avoir quitté le rassemblement. Malgré la rupture totale de confiance liée à la parole du sélectionneur, comme pourront en témoigner ceux qui ont assisté à ces conversations, je n'aurais pas dû le faire. La responsabilité m'incombe entièrement.

Je présente une nouvelle fois mes excuses aux Portugais, mais le fait de ne pas tenir parole a, pour moi, un impact déterminant. J'ai senti qu'à partir de ce moment-là, ma présence ne ferait que nuire au groupe de travail. J'ai donc fait ce que j'ai toujours dit que je ferais si je ne me sentais pas utile : j'ai fait mes valises et je suis parti.

La conséquence de mon acte doit être évaluée et sanctionnée par la Fédération portugaise de football. Je considère que la sanction ne doit comporter aucune circonstance atténuante. Je ne suis pas n'importe quel joueur, je suis le capitaine de l'équipe et cela constitue une circonstance aggravante. J'ai déjà présenté mes excuses, mais je sais que les actes doivent avoir des conséquences. Ceux qui évoluent dans le football comme moi savent que, quel que soit le statut de chacun, les règles sont les mêmes pour tous.

À ce propos, j'ai beaucoup entendu parler de matchs d'adieu, de la nécessité de m'offrir des adieux dignes et de la volonté de la Fédération de m'en donner l'occasion.

J'ai appris dans la vie, avec la faim et souvent sans rien à manger, que personne ne donne rien à personne.

Je peux promettre à tous mes fans, et naturellement en particulier à tous les Portugais, que nous organiserons un ou plusieurs matchs d'adieu. Nous aurons le temps de le faire.

Mais lorsque je pense à la sélection, ce à quoi je pense vraiment, c'est à la compétition. C'est à cela que j'ai pensé le jour où l'on m'a annoncé la mort de mon père. J'étais en rassemblement avec notre sélection et j'ai décidé d'y rester jusqu'à la fin du match du lendemain. Je l'ai fait pour le pays, ce que je n'aurais jamais fait pour un club.

Donc, si je suis en bonne condition physique, que je joue dans mon club, avec des buts, je l'espère, et après avoir purgé la suspension qui me sera infligée, je serai disponible, comme je l'ai toujours été jusqu'à aujourd'hui, pour représenter notre sélection, disputer des matchs et gagner.

C'est, croyez-moi, la plus pure des vérités.

Cristiano Ronaldo

6 octobre 2026 »

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